Les MLP proposent un livre Blanc 14 janvier
Electron Libre vous propose une présentation de ce livre Blanc.
Vous pourrez aussi le télécharger.
http://www.electronlibre.info/Presse-les-MLP-remettent-a-plat-le,01030
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Tout se bouscule et nous n’avons plus le temps d’écrire régulièrement sur notre blog… mais nous avons travaillé et accueilli deux nouveaux magazines. Leurs éditeurs sont d’ailleurs passés dans une émission de France Inter cet été… en voici le lien : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/ete/mediaboliques/index.php?id=94449
à très vite pour des nouvelles de la presse
Amandine
Presse informatique: SVM et PC Expert tirent leur révérence -26-04-2010 – Par Elise Pinsson – www.silicon.fr
La crise à «VSD» prend une tournure judiciaire - Par Marie-Catherine Beuth – 26/04/2010 – www.lefigaro.fr
Arnaud Lagardère menacé de faillite personnelle - www.electronlibre.info
Lagardère drague le groupe de presse Amaury – www.lejdd.fr
Presse quotidienne : à quels médias profitent les perturbations de distribution? – Par Francois ROUFFIAC, 27/04/2010 – www.e-marketing.fr
Presstalis : sortons de la crise de la distribution de la presse, par Pierre Leroy
LEMONDE | 19.04.10 |
La distribution de la presse est en crise. « Encore ? ! », dira le citoyen découragé par un sujet complexe et récurrent. Oui, encore, mais il faut résister à la tentation du découragement, car il s’agit là d’une question décisive, non seulement pour les médias, pour des dizaines de milliers de salariés, mais aussi pour la démocratie : c’est l’accès à l’information, sur tout le territoire, qui est en jeu.
Que vit-on ? Dans le contexte d’une régression persistante de la diffusion de la presse écrite, Presstalis (ex-NMPP) – la société qui gère 80 % de la distribution de la presse en France, hors presse quotidienne régionale (PQR), portage et abonnements – connaît une situation financière très préoccupante, susceptible, à terme, de mettre en péril son existence si aucun secours ne lui était apporté. Son déficit d’exploitation pour l’année 2009 s’est élevé à 40 millions d’euros.
Mais, plus encore, Presstalis se trouve dans un « entre-deux », elle vit un de ces moments où la difficulté financière met en lumière, comme souvent, les réformes à accomplir – celle de la gouvernance et de l’organisation même de l’activité, entre autres – et où, pour reprendre la célèbre définition de la crise, « le vieux n’est pas mort et le neuf n’arrive pas à naître ». Nous en sommes là, dans ces jours incertains où le pire comme le meilleur peuvent surgir.
Quel est, pour aller droit au but, le problème sur lequel se cristallisent toutes les crispations ? Le besoin de financement incompressible, à hauteur de 125 millions d’euros, de Presstalis. Une partie de la solution fait l’objet d’un consensus : la participation de l’Etat d’une part, la cession d’actifs d’autre part, permettraient de dégager 55 millions d’euros. C’est la répartition du solde, c’est-à-dire une somme de 70 millions d’euros, qui est aujourd’hui au coeur de beaucoup de procès d’intention et de bien trop d’invectives.
« Lagardère paiera », telle est la formule magique que pensent avoir trouvée certains. « Lagardère a une cagnotte », telle est la ressource cachée qu’ils croient avoir dénichée au travers de la redevance versée par Presstalis à Lagardère et dont il faudrait rembourser les sommes perçues en 2004, 2005 et 2006. Lagardère, qui détient 49 % de Presstalis, est ainsi invité à payer 49 millions d’euros quand les cinq coopératives, qui en détiennent 51 %, ne paieraient que… 21 millions d’euros. Le problème est de savoir au nom de quoi on pourrait justifier cette curieuse clé de répartition.
Au nom de notre responsabilité pratique dans la gestion de Presstalis qui ferait de nous le responsable de la crise ? Non. Nous sommes minoritaires au sein du conseil de gérance et nous avons plus souvent qu’à notre tour tiré la sonnette d’alarme sur la nécessité des réformes. Au nom d’arguments juridiques qui permettraient de contester le versement de cette redevance ? Non, une nouvelle fois. L’existence comme les modalités de cette redevance trouvent leur origine tout simplement dans la loi – une loi de 1947 qui créait les NMPP -, et dans les accords qui l’ont mise en pratique, après que les biens d’Hachette ont été réquisitionnés au profit de la nouvelle société. Au nom d’une exigence morale qui nous conférerait des devoirs de solidarité spécifiques ?
Pas davantage, ou, pour dire les choses autrement, si devoir de solidarité il y a, nous l’avons bien honoré : si nous avons perçu la redevance en 2004, 2005 et 2006, nous l’avons abandonnée pour chacune des cinq années précédentes alors qu’elle nous était due et, depuis 2007, nous en avons accepté la quasi-suppression. Dès lors, il faut ouvrir les yeux. Une solution qui ne repose sur aucune justification porte un nom : c’est une impasse.
Alors, que faire ? « Que les éditeurs, dont nous sommes, contribuent ensemble et dans une proportion à établir, liée au flux d’activités qu’ils pratiquent avec Presstalis », tel est le principe simple, objectif et incontestable que nous défendons. Nous ne sommes pas prêts à endosser le rôle de bouc émissaire ou de vache à lait. Mais nous sommes prêts à remplir notre rôle. Pour la première fois depuis de nombreuses années, le sauvetage de la structure commune de distribution, à laquelle nous sommes tous attachés, est à notre portée.
Un plan existe, préparé par le directeur général, Rémy Pflimlin, et avalisé par la mission de Bruno Mettling. Il est complet et crédible : un volet industriel avec la modernisation d’un appareil vieilli ; un volet financier avec une tarification plus équitable et un financement plus large – avec la contribution de l’Etat. Il devrait permettre le retour à des équilibres normaux d’exploitation. Mieux encore, ce plan d’avenir recueille un large assentiment. Il ne reste plus qu’à trouver la voie de l’apurement du passé. Ce n’est évidemment pas facile dans le contexte actuel mais, en retrouvant le chemin de l’argumentation rationnelle, nous pouvons y arriver.
Notre attachement à Presstalis et aux valeurs propres à son existence, laquelle garantit une distribution équitable de la presse, est manifeste. Notre proposition et l’engagement dont elle témoigne en font la preuve. Mais cet engagement ne peut être affirmé à n’importe quel prix et dans le déséquilibre. Il doit simplement être rejoint par l’adhésion de la profession, sans tarder, et, en tout cas, avant d’arriver à une situation trop dégradée pour être redressable.
Pierre Leroy, est cogérant de Lagardère.
L’Express en kiosque dès le mercredi à partir du 5 mai
nouvelobs.com
La lettre spécialisée Presse News affirme que la décision a été annoncée le 16 avril en interne.
Le newsmagazine hebdomadaire L’Express (Roularta media France) devrait se trouver en kiosque dès le mercredi, et non plus le jeudi, dès le 5 mai prochain, annonce la lettre spécialisée Presse News lundi 19 avril.
Presse News, citant une source interne, indique que l’hebdomadaire a pris cette décision notamment parce que le mercredi est un jour de forte fréquentation des kiosques, mais aussi parce que le journal se trouverait ainsi en vente un jour avant ses principaux concurrents, Le Nouvel Observateur et Le Point.
« Du fait de ce changement de périodicité, annoncé en interne vendredi 16 avril, le bouclage du journal sera, lui, avancé au lundi à 23 heures », conclut Presse News.
En 2009, selon les chiffres de l’OJD, L’Express se trouvait en deuxième position, avec 440.468 exemplaires payés France, derrière Le Nouvel Observateur (502.108 exemplaires) mais devant Le Point (412.045 exemplaires).
Distribution de la presse : la CGT s’en prend à la permanence d’un député
arretsurimages.net
Silence à l’AFP
La CGT du Livre s’est introduit dans la permanence du député UMP Richard Mallié, à Gardanne (Bouches du Rhône), pour y éparpiller des milliers de journaux, afin de protester contre sa proposition d’abroger la loi Bichet sur la distribution de la presse. Seul le Post.fr mentionne l’information. Vendredi, à 14h, une trentaine d’ouvriers du Livre, syndicalistes CGT, viennent manifester devant la permanence du député UMP Richard Mallié, pour lui remettre une lettre, suite à sa proposition…
Comment les médias peuvent-ils changer de modèle économique?
leJDD.fr – 18/04/10 – Bruna Basini
Suspension des discussions sur la cession de la régie publicitaire de France Télévisions, nomination d’Emmanuel Hoog à la tête de l’AFP, mise en vente de la participation de Lagardère dans le capital de Canal+, lettre d’alarme au Premier ministre sur le sort de Presstalis (ex-NMPP)… Le monde des médias est en ébullition. Jean-Marie Charon, chercheur au CNRS et spécialiste du secteur, estime que cette accélération est le signe d’une mutation vers un autre modèle.
kiosque journaux Paru dans leJDD
La presse quotidienne française est particulièrement affectée par la baisse des recettes. (Maxppp)
La crise qui frappe les médias est-elle de nature à bouleverser leur modèle économique?
Sans aucun doute. Ils subissent trois chocs en même temps. La numérisation de leurs contenus qui est un mouvement de fond. Une crise économique depuis 2008 qui a rétréci leur marché publicitaire. Il y a enfin toutes les fragilités inhérentes au système français: coûts de fabrication trop élevés, problèmes de management, faiblesse des capitaux propres. De ce point de vue, la recapitalisation du Monde est emblématique. Le titre va accueillir de nouveaux actionnaires et Le Monde Imprimerie va être cédé. Mais, au passage, la société des rédacteurs, actionnaire historique, perdra sa minorité de blocage.
Beaucoup d’acteurs voient leurs recettes fondre sans qu’émergent des relais de croissance.
La baisse des recettes est très nette en presse quotidienne. La diffusion a chuté de 5% et la publicité de 19%. Aux Etats-Unis, le recul est encore plus sensible, avec une baisse de 15% et 29% respectivement. L’Internet condamne la presse écrite à se redéployer. Les sites d’information en ligne ne sont pas rentables. Gratuits dans un premier temps, ils essaient de devenir payants. Mais leurs revenus vont être en mille-feuille, très éclatés. Ils auront des abonnements, des ventes à l’article et des rentrées venant des agrégateurs comme Google qui profitent aujourd’hui gratuitement de leurs contenus. Cela ne suffira pas. Il va falloir trouver des services et du commerce complémentaires de l’activité éditoriale. Tous les supports médias devront faire des choix éditoriaux plus marqués entre l’imprimé, le Net et l’audiovisuel et alléger leurs structures pour contenir leurs coûts.
France Télévisions? « On est dans de l’exotique »
Comment les grands groupes de communication peuvent-ils se repositionner dans un contexte aussi mouvant?
Ils se sont beaucoup diversifiés et leurs actionnaires leur demandent aujourd’hui des comptes. C’est notamment le cas du groupe Lagardère (propriétaire du JDD) mis en cause sur sa gouvernance et sa stratégie. Les grands groupes vont devoir se recentrer sur les médias les plus rentables. Le savoir-faire de Lagardère est ainsi reconnu dans la presse magazine, la radio et l’édition, pas dans la télévision. D’où la décision de vendre sa participation de 20% dans Canal+. Ce mouvement de recentrage touche aussi les télévisions et les radios. Elles vont devoir mieux articuler leur offre entre généralistes et thématiques. Même recomposition sur le web avec l’arrivée de nouveaux entrants, les fournisseurs d’accès à Internet, les agrégateurs et des géants de l’informatique comme Apple avec sa tablette.
Comment résoudre les problèmes de distribution?
Les éditeurs de presse actionnaires de Presstalis (ex-NMPP) sont dans une partie de poker menteur avec les pouvoirs publics pour financer la réforme des messageries. C’est un secteur très difficile à faire évoluer. L’option des coopératives mutualistes reste la meilleure pour l’instant. Les plus mal lotis sont les revendeurs. En une décennie, leurs points de vente sont tombés au-dessous de 30.000 alors qu’on en compte 90.000 en Allemagne et ils sont de moins en moins bien implantés. Aujourd’hui, soit on sauve le secteur à coups d’aides publiques, soit on le laisse exploser pour laisser place à des réseaux de distribution privés. La solution viendra des imprimeries numériques qui permettent d’imprimer des milliers d’exemplaires à proximité des points de vente.Mais il faudra encore attendre au moins cinq ans pour que cela devienne une réalité.
La nomination d’Emmanuel Hoog à la tête de l’AFP poussée par l’Elysée est-elle choquante, selon vous?
L’intervention de l’Etat n’est peut-être pas saine, mais elle est inévitable. L’AFP est confrontée à un changement de statut. Une loi de 1957 définit son mode de fonctionnement. Seul l’Etat peut la changer. Pour mener cette réforme, il faut un homme neuf, familiarisé avec le monde politique et ses institutions et qui ne soit pas en contradiction avec le pouvoir.
Et le remplacement de Patrick de Carolis à la tête de France Télévisions?
Là on est dans de l’exotique. La nomination par le président de la République est rétrograde par rapport à de grandes démocraties comme la Grande-Bretagne où les présidents des chaînes publiques sont nommés par des autorités indépendantes. En Allemagne, ce sont les conseils d’administration qui décident sans représentants de l’Etat dans leurs rangs.
Bras de fer autour de Presstalis
Par Enguérand Renault -21/04/10 – Le Figaro
Rémy Pflimlin, directeur général de Presstalis. Crédits photo : DENIS/REA
Les éditeurs et le groupe Lagardère cherchent à se mettre d’accord sur les modalités du plan de sauvetage de la messagerie de presse.
Mercredi s’est tenu à Matignon un rendez-vous crucial pour l’avenir de Presstalis (ex-NMPP), la messagerie de presse qui distribue 80 % des journaux en France et emploie 1 200 personnes. Les éditeurs et le groupe Lagardère ont rencontré les pouvoirs publics pour la mise en œuvre du plan de sauvetage de la messagerie de presse proposé le 2 avril dernier par Bruno Mettling.
Ce nouveau plan de sauvetage met toutes les parties à contribution pour trouver les 125 millions d’euros nécessaires à l’apurement des déficits passés et pour assurer la pérennité de Presstalis.
L’État est prêt à consentir un effort annuel de 20 millions d’euros. Mais il y met une condition : que le groupe Presstalis, les éditeurs de presse et le groupe Lagardère fassent chacun des efforts. Presstalis devra céder des actifs non stratégiques pour environ 35 millions d’euros. Les éditeurs doivent accepter une augmentation des barèmes (tarif d’acheminement) qui leur coûtera 20 millions d’euros. Enfin, Lagardère doit accepter de reverser 49 millions d’euros de redevances perçues en 2004, 2005, 2006 conformément au protocole signé en 2007.
Mais le groupe Lagardère a officiellement fait savoir – par une tribune rédigée par Pierre Leroy, cogérant de Lagardère, et publiée dans Le Monde daté du 20 avril – qu’il n’entendait pas verser cette somme. Il est prêt en revanche à participer au plan à hauteur de sa quote-part éditeur, soit 15 % de l’effort financier des éditeurs.
Lors de la réunion à Matignon, le dialogue s’est renoué et les parties ont avancé un peu.
Valider les comptes 2009
Il y a urgence. Car vendredi 23 avril, se tiendra une réunion du conseil de gérance de Presstalis au cours de laquelle les commissaires aux comptes devront valider les comptes 2009 qui se sont soldés par un déficit d’exploitation de 40 millions d’euros.
Mais si aucun accord est trouvé entre les éditeurs et le groupe Lagardère, les commissaires aux comptes pourraient ne pas valider l’exercice 2009 et engager une procédure d’alerte. D’autant que le budget 2010 prévoit encore un déficit d’exploitation de 26 millions d’euros. La situation pourrait encore se débloquer d’ici au prochain conseil de gérance du 27 mai. Puis ce sera l’assemblée générale de Presstalis prévue mi-juin. À cette date, un plan aura dû être accepté, sinon le spectre du dépôt de bilan de Presstalis avant la fin de l’année ressurgira.
Une perspective qui pourrait ouvrir le débat sur le rôle exact du groupe Lagardère. Ce dernier est à la fois le premier éditeur et le premier actionnaire avec 49 % du capital de Presstalis. Il en est juridiquement le directeur général. En fait, il nomme, révoque et rémunère le directeur général, qui est actuellement Rémy Pflimlin. Aujourd’hui, Lagardère estime que, juridiquement, il n’est pas l’opérateur de la messagerie. Or, dans une lettre datée du 28 mai 2001, Jean-Luc Lagardère, décédé en 2003, affirmait : «Je m’engage à assumer pleinement le rôle d’opérateur des NMPP, en mon nom personnel et en tant que président de Hachette, lié ainsi pour le futur, sans limitation dans le temps.»
Presstalis : les MLP refusent de payer l’addition – cf le blog Electronlibre http://www.electronlibre.info/Presstalis-les-MLP-refusent-de,00712
L’UMP veut mettre fin à la diffusion égalitaire des journaux
Par Julien Martin | Rue89 | 06/04/2010 | 17H42
Elle ne comporte qu’un unique article, mais la proposition de loi que s’est procurée Rue89 pourrait provoquer une révolution dans le monde de la presse écrite. Son auteur, Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône, entend abroger la loi Bichet de 1947, assurant entre les journaux une égalité de traitement pour leur diffusion.
Bien que déposée le 1er avril et non encore publiée, la proposition de loi numéro 2420 n’a rien d’un poisson. Et risque encore moins de faire rire les rédactions qui ont des difficultés à vendre leurs productions. Son contenu est on ne peut plus limpide et radical :
« La loi n°47-585 du 2 avril 1947 relative au statut des entreprises de groupage et de distribution des journaux et publications périodiques est abrogée. »
9% de points de vente en moins entre 2008 et 2009
Ladite loi régit les relations entre les distributeurs et les éditeurs de presse. Elle impose aux distributeurs un double principe de liberté et d’égalité : liberté pour les éditeurs d’accéder au distributeur de leur choix et égalité de traitement entre les éditeurs d’un même distributeur.
63 ans après sa promulgation, la loi Bichet pose un problème majeur, souligné dans cette proposition de loi : alors que les ventes se « contractent » et que la rémunération des marchands de journaux est « très faible », la gestion des stocks est de plus en plus « lourde et complexe ». Résultats :
« En 19 ans, le nombre de marchands de journaux est passé de 31 859 à 29 651 soit une baisse de 6,1%. Ce rythme s’accélère depuis quelques années avec une chute de 9% en 2009.
[…] Le paradoxe est criant : sachant qu’il y a 60% d’invendus, le taux de rupture (demandes non satisfaites des clients) est actuellement de 20%. »
Les recommandations non suivies du Président
Le phénomène aggrave un peu plus encore la crise de la presse, déjà fortement plombée par la chute des revenus publicitaires. Pour y remédier, le « livre vert » résultant des Etats généraux de la presse, remis au ministre de la Culture en janvier 2009, avait incité le président de la République à demander aux éditeurs de presse de prendre deux mesures, rappelées par Richard Mallié :
1.« Instituer un système de plafonnement afin de limiter les quantités servies par parution en fonction de l’historique des ventes du titre constatées dans le point de vente. »
2.« Diminuer le taux d’occupation des linéaires, […] une réforme du “bon titre au bon endroit” qui serait une réponse pertinente au taux de rupture élevé en permettant une meilleure adaptation de l’offre à la clientèle et d’augmenter ainsi les ventes. »
Atteinte manifeste à la pluralité de la presse
Faute d’accord entre les éditeurs, un an plus tard, le député UMP a donc décidé de passer à la vitesse supérieure et de ne proposer rien moins que la suppression de la loi Bichet. Ce dont l’élu ne se cache pas :
« Face à un manque de volonté de la part des acteurs, il est proposé l’abrogation de la loi Bichet qui semble aujourd’hui faire obstacle à toute évolution du réseau. »
Autrement dit, les distributeurs seront désormais en mesure de refuser de diffuser un titre au simple motif qu’il ne se vend pas. Une atteinte manifeste à la nécessaire pluralité de la presse. Et, au passage, un cadeau à Presstalis (ex-NMPP), leader de la distribution de la presse en France, très mal en point financièrement et détenu à 49% par Lagardère.
Le ministère de la Culture n’a pas souhaité indiquer à Rue89 s’il soutenait l’initiative de Richard Mallié, qui ressemble fort à un ballon d’essai, à l’image de celui qu’il avait déjà lancé fin 2008 en vue de généraliser le travail le dimanche.
Presstalis : les discussions achoppent sur le financement
Par Delphine Denuit
La réunion, qui s’est tenue à Matignon, entre les éditeurs et le groupe Lagardère, opérateur de Presstalis (ex-NMPP), n’a pas permis d’éclaircir l’avenir du distributeur de presse au bord de la faillite.
Le sauvetage de Presstalis (ex-NMPP) est dans l’impasse. La direction du distributeur de presse, ses actionnaires – les éditeurs et son opérateur, le groupe Lagardère – se sont retrouvés à Matignon pour évoquer la mise en œuvre du rapport de l’inspecteur des finances, Bruno Mettling, chargé par le premier ministre de dresser les grandes lignes du plan de sauvetage du distributeur de presse.
Trois des quatre chapitres clés du rapport Mettling ont fait l’objet d’un «accord global entre ses actionnaires», souligne-t-on de source proche des discussions. «La modification de la gouvernance de Presstalis (transformée en SA avec un PDG et un conseil d’administration), la nécessité de sa restructuration ainsi que la mise en place de nouveaux barèmes augmentés ont été acceptés de tous ».
Mais c’est sur la question financière que les discussions entre éditeurs et Lagardère ont achoppé. Dans son rapport, Bruno Mettling estime que Presstalis a besoin de 125 millions d’euros pour se remettre sur les rails: 20 millions émanant des cinq coopératives d’éditeurs, actionnaires à hauteur de 51 % dans Presstalis ; un peu moins de 50 millions d’euros issus de son autre actionnaire à 49 %, également opérateur, Lagardère, tandis que l’État soutiendrait les efforts de chacun en investissant 20 millions d’euros d’aide exceptionnelle. Le solde, soit près de 35 millions d’euros, serait dégagé par des cessions d’actifs non stratégiques (dont des filiales étrangères).
Et la réunion à Matignon n’a pas permis d’avancer sur ce point. Car si les éditeurs se sont dits prêts à renflouer d’environ 20 millions d’euros le groupe de presse, Lagardère, a rappelé sa volonté de ne pas investir dans le distributeur. Jeudi dernier, il avait déjà dévoilé sa position, entraînant l’ajournement de la réunion du Conseil de gérance de Presstalis. Face à la volonté réitérée du groupe Lagardère, Matignon a appelé les parties à s’entendre, rapidement, sur un plan de financement pour sauver Presstalis. «Mais comment parvenir à s’entendre si Lagardère n’accepte pas le principe même d’une intervention en tant qu’actionnaire et éditeur de presse ? », s’interroge un éditeur.
Le temps presse pourtant. Si rien n’est fait pour redresser ses comptes, Presstalis risque le dépôt de bilan dès cet été. Et d’ici là, le distributeur pourrait bien voir certains de ces clients lui préférer la concurrence. Selon nos informations, le groupe Prisma Presse n’exclurait pas de faire distribuer certains de ses titres par les MLP avant l’été.
La distribution de la presse sous la coupe de Lagardère ?
Par Marc Peyrade secrétaire général de la Filpac CGT – 09/04/2010
La distribution de la presse, quotidiens et magazines, entre dans le tunnel de la crise. Lagardère, l’opérateur des Nouvelles messageries de la presse parisienne, demande aide et appui au gouvernement dans le bras de fer qu’il engage avec les coopératives et les éditeurs de presse. Le groupe espère l’appui du gouvernement pour déclencher une entreprise de destruction du cadre démocratique qui enlaçait la presse. Le voilà au bord de l’étape décisive, l’éradication du système solidaire de distribution des imprimés, quotidiens et magazines. Un élu de la nation – un député UMP – propose même l’abrogation de la loi qui régit la distribution groupée des titres en France, la loi Bichet. C’est un haut fonctionnaire qui a remis le rapport commandé par le premier des ministres, lequel, par souci de manier avec doigté l’explosif, en diffère la publicité. Nul éditeur n’aurait plus droit d’accès à une distribution nationale de son titre selon les normes établies par les Messageries arrachées au monopole de Hachette ? Et les 1 400 emplois directs, et les milliers d’autres dans les industries graphiques, privées de travail parce que nombre de titres seraient menacés de ne plus être acheminés aux lecteurs ? La loi d’un seul ? Les conséquences d’un système laissé au seul marché ?
Ce serait la fin de l’esprit coopératif, de l’esprit mutualiste, de la péréquation des coûts entre éditeurs, bien sûr. Mais surtout : qui aura les moyens d’être distribué le sera, sinon que sa prose reste à quai. Quelle régression ce serait ! Que valent le meilleur article du monde, la meilleure politique éditoriale s’ils n’arrivent pas au bon moment sur les lieux de vente, en tout point du pays, même les plus lointains, exposés dans leur diversité au regard de l’acheteur ? Sans discrimination sur le contenu éditorial ou le patrimoine des actionnaires. L’enjeu, c’est tout une conception de la presse, désignée comme vecteur d’un espace public ouvert. Le système se condamne, se mine de l’intérieur. Les artisans démolisseurs tirent les marrons du feu pour d’autres.
S’érigerait ainsi la loi d’un seul, Lagardère, rompu aux finesses de la finance et de l’industrie, usant de son influence dans les milieux du pouvoir politique. Il serait seul juge du droit de vie et de mort de nombreux quotidiens et magazines, dont le seul défaut serait la faiblesse capitalistique, l’incapacité de financer seuls leur distribution. Que vont faire les pouvoirs publics ? Accorder ce droit à Lagardère et à ses alliés, ou se porter garants d’une distribution coopérative, aux coûts établis selon une péréquation qui corrige les faiblesses financières des plus petits ? Sur les ruines du système de distribution coopératif se construiraient un ou deux empires médiatiques, arrimés qui sur une banque rutilante, qui sur un conglomérat financier et industriel transcontinental. Les états généraux de la presse, avec le temps, apparaissent comme un tremplin dans la construction de ce fameux «champion national de taille internationale», cher à qui vous savez.
Si Lagardère passe, l’artisan éditeur, faible en capitaux mais riche en esprit, la feuille d’opinion, engagée, devraient renoncer à toucher l’opinion nationale. Si Lagardère passe, alors la liste de ses victimes se dresse déjà : de nombreux magazines et de prestigieux titres nationaux comme Libération, le Monde, la Croix, l’Humanité, parmi d’autres, y figureraient. Voilà ce que serait une sélection politique par l’argent de la distribution. Trop de titres, paraît-il, encombrent les présentoirs, il y aurait des abus, telle est la campagne lancinante de l’état-major Lagardère. Des réformes sont nécessaires. Fort bien ! Débattons-en. Mais la ligne nouvelle, en matière de distribution, ne saurait se résumer à la capacité de certains titres de payer leur distribution dans l’indifférence du sort du plus grand nombre. Présidentielle en vue, 2010 serait l’année où le lecteur isolé, dans un coin de campagne bien vert, ne pourrait plus recevoir le titre de son choix, à moins de payer beaucoup, beaucoup plus cher, pour un choix de titres le plus restreint possible ? Soyons justes, l’entreprise de domination de la distribution donc de l’information ne se réduit pas au complot du régime, mais s’étend à la complicité de l’indifférence. Vieilles lunes, le pluralisme, la démocratie d’opinion ? Surtout à l’heure de la révolution numérique, nous sommes de ceux qui n’arrivent pas à réduire la démocratie pluraliste à son équivalent monétaire. Voilà pourquoi on nous trouvera du côté de systèmes de distribution qui prennent largement en compte le pluralisme, c’est-à-dire la garantie offerte au lecteur de disposer d’un choix conséquent de titres. Que soit pérenne la liberté pour chaque citoyen de recevoir l’imprimé de son choix où il le veut, parce que ce citoyen veut croire à la libre circulation des idées et des opinions. Nous ne réclamons pas l’exclusivité de ce combat pour la démocratie et l’emploi, nous voulons au contraire le partager avec le plus grand nombre. Il y a urgence.
http://www.liberation.fr/societe/0101629192-la-distribution-de-la-presse-sous-la-coupe-de-lagardere
Les kiosques à journaux se modernisent !
« Redonner un coup de jeune aux mythiques kiosques à journaux », tel est le défi lancé par le groupe Unibail-Rodamco et Mediakiosq. Et c’est le designer Ora Ito qui a été désigné pour faire de ces lieux des espaces plus modernes et mieux intégrés au paysage urbain.
Le choix n’était pas facile. Entre les designers Patrick Jouin, Matthieu Paillard et Ora Ito, il a fallu trancher ! Et c’est le projet du jeune français Ora Ito qui a été choisi parmi ceux de ses concurrents pour créer un nouveau modèle de kiosques à journaux. Cette initiative des groupes Unibail-Rodamco (spécialiste de l’immobilier commercial) et Mediakiosq (société à la tête de près de 800 points de vente de presse) a pour but d’apporter une touche de modernité et un style plus contemporain aux traditionnels kiosques à journaux souvent austères…n’est-ce pas?
Eugénie Rieme
Prisma lancera « 2 nouveaux magazines en 2010″ et « envisage » l’arrêt de ‘Femmes’
Publié par Julien Lalande – Samedi 27 Mars 2010 17h04
Rolf Heinz, accorde aujourd’hui deux entretiens au Figaro et au JDD. Dans ce dernier, le nouveau patron de Prisma (Télé Loisirs, Télé 2 Semaines, Capital, Voici, Gala, etc.) annonce le lancement, en 2010, de « deux nouveaux titres ».
« L’intelligence émotionnelle »
« L’un est une adaptation, un dérivé de nos marques les plus fortes. L’autre est une nouvelle marque sur un segment totalement nouveau pour Prisma. En tout, nous étudions actuellement une dizaine de projets. Je compte bien en faire aboutir entre deux et quatre d’ici à 2011 ». Parmi les projets, un nouveau magazine « pariera sur l’intelligence émotionnelle et sera à destination des jeunes », précise-t-il.
Par ailleurs, dans un contexte de recul du marché publicitaire (le chiffre d’affaires publicitaire de Prisma a reculé de 6% en 2009) et des ventes de la presse magazine, le groupe « envisage » d’arrêter son mensuel féminin Femmes. La diffusion a atteint seulement 81 000 exemplaires par numéro en 2009 selon l’OJD (contre les 100 000 visés), une performance en baisse de 22% sur un an. Femmes passera à un rythme bimestriel dès le mois de mai et son arrêt pourrait intervenir « dès cet été ».
Quant à VSD, le patron de Prisma annonce une nouvelle version en mai ou juin 2010 face à l’effritement des ventes constaté depuis 2008 (- 30% entre 2007 et 2009 selon l’OJD) et au déficit financier. « Il est nécessaire de changer le modèle économique du magazine. Nous avons prévu d’agir sur les coûts de fabrication, de distribution et de rédaction. Je suis convaincu que nous pouvons aller vers un résultat à l’équilibre. La marque est forte (…) (La nouvelle formule) ne contiendra pas seulement une augmentation de la pagination télé, mais une nouvelle offre « actu-loisirs », qui tiendra compte des idées présentées par la rédaction », indique Rolf Heinz.
« Le Monde » change pour mieux informer
LE MONDE | 27.03.10 | 14h31 • Mis à jour le 27.03.10 | 16h36
En crise, la presse écrite ? Sans doute. A la manière des Chinois, pour qui l’idéogramme « crise » – weiji – comporte à la fois le concept de danger (wei) et celui d’opportunité (ji), nous percevons aussi les deux dimensions de cette crise. Mais, au Monde, incontestablement, nous préférons ji à wei.
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Pour un grand quotidien comme Le Monde, qui a déjà connu, en soixante-cinq ans, sa part de succès et son lot de doutes, cette crise-ci est une authentique opportunité. Elle nous pousse à nous transformer, elle nous donne envie d’innover, elle nous oblige à aller toujours plus au-devant des lecteurs.
Cette évolution, nous l’avons commencée en 2005, avec une nouvelle formule, plusieurs fois affinée depuis, qui a mis fin à l’impératif d’exhaustivité et introduit le critère de sélectivité dans le traitement de l’actualité. Nos lecteurs baignent, pour la plupart, dans un univers de surabondance de l’information ; un quotidien de référence se doit de faire pour eux un premier tri, puis de leur apporter les clés de la compréhension de l’actualité. Ces clés passent par la clarté, bien sûr, par l’approfondissement et par l’analyse. Par la découverte aussi, sans oublier le plaisir de la lecture.
JOURNALISME DE QUESTIONNEMENT
C’est dans cette logique de choix, d’efficacité et d’expertise que nous introduisons, à partir de lundi, dans l’édition du Monde datée mardi 30 mars, plusieurs nouveautés éditoriales. La « une », réinventée, la page 2, totalement transformée, la page « Analyses », plus lisible et plus riche, refléteront des choix plus affirmés, mieux hiérarchisés. Elles offriront au lecteur pressé des espaces de lecture rapide qui lui permettront d’appréhender, en une dizaine de minutes, l’essentiel de l’actualité écoulée depuis le précédent numéro du journal, tout en préservant pour ceux qui ont plus de temps les indispensables enquêtes, reportages, éclairages et approfondissements.
Pour les lecteurs qui veulent aller plus loin, dépasser la petite musique de la communication omniprésente, nous avons inventé les pages « Contre-enquête ».
Reflet d’une démarche éditoriale volontariste, celle du journalisme de questionnement, réalisées par des équipes de journalistes qui, en France ou à l’étranger, rassemblent leurs forces et leur expertise pour s’attaquer à un même sujet choisi dans le film de l’actualité, la « Contre-enquête » emmènera le lecteur derrière l’événement, au-delà des déclarations officielles, des séances photos en trompe-l’oeil et des statistiques opaques.
Qu’elle soit politique, économique, internationale, culturelle ou de vie quotidienne, l’actualité peut être complexe, déconcertante, polémique. Vous vous posez des questions ? Nous aussi, nous nous les posons. Nous partirons de ces questions pour vous apporter, à travers les pages « Contre-enquête », une grille de réponses.
RÉACTIVITÉ ET INTERACTIVITÉ
Traditionnellement ouvert sur le monde, où son réseau de correspondants continue d’alimenter chaque jour une solide couverture internationale, Le Monde a aussi fait irruption, il y a onze ans, dans un autre univers, celui de l’Internet, avec Lemonde.fr. Le succès de ce site a ouvert au quotidien de nouveaux horizons, non seulement en termes de diffusion, mais aussi en termes journalistiques. Le rapprochement du site et du quotidien, enrichi en fin de semaine du Monde Magazine, permet aujourd’hui aux journalistes de ces trois médias de décliner le contenu « Le Monde » sur de multiples supports, de s’enrichir mutuellement, de mettre en commun l’expertise des uns, la réactivité et l’interactivité des autres.
C’est une dynamique innovante, qui va s’intensifier à partir de lundi. En même temps que le quotidien, Lemonde.fr procédera à plusieurs innovations sur son site, augmentera son offre sur les téléphones mobiles et, bientôt, sur l’iPad. Une offre globale, qui symbolisera les nouvelles formes de journalisme sans cesse inventées sur le site, puis, par ricochet, dans le quotidien et le magazine. Avec, toujours, l’exigence et la qualité « Le Monde ».
Sylvie Kauffmann, directrice de la rédaction
Les ex-NMPP devraient être en cessation de paiement en juin
LEMONDE pour Le Monde.fr | 29.03.10 | 18h31
Presstalis, le principal acteur de la distribution de la presse en France, sera « en cessation de paiement en juin », a mis en garde le ministre de la culture et de la communication Frédéric Mitterrand, lundi 29 mars. « La situation est gravissime, a-t-il insisté. Si rien n’est fait, ce sera le tribunal de commerce. »
NOUVEAU : Le débrief pour consulter les informations majeures depuis votre dernière connexion
Le ministre, qui s’exprimait devant l’Association des journalistes médias, évalue les besoins en capitaux des ex-NMPP (Nouvelles messageries de la presse parisienne) à plus de 80 millions d’euros. « Le déficit était de 28 millions l’année dernière, il sera de 40 millions cette année, auxquels il faut ajouter 45 millions de fonds propres qui manquent [pour financer les plans sociaux en cours]« , a déclaré le ministre. « Je suis là pour défendre la presse, et pour cela je dois alerter les autres ministres, car je n’aurai pas les moyens de répondre à ce défi tout seul. »
« RÉGLER LES PROBLÈMES DE FOND »
Ces déclarations interviennent alors que, cette semaine, doit être remis au premier ministre, François Fillon, un rapport de l’inspecteur des finances Bruno Mettling sur l’avenir de Presstalis. Ce document sera présenté, jeudi 1er avril, au conseil de gérance de l’entreprise.
Actuellement, Presstalis est détenue à 51% par cinq coopératives de presse et à 49% par le groupe Lagardère. « Faire repayer Hachette [Lagardère] dans cette situation sera très difficile, vu les difficultés de ce groupe, a prévenu M. Mitterrand. Il faudra un effort global des autres partenaires. » L’Etat devrait apporter sa part à la restructuration de l’entreprise, mais « il n’est pas question de mettre une rustine sans régler les problèmes de fond », a insisté le ministre.
M. Mitterrand a évoqué « des économies à faire », « un millefeuille de difficultés » à résoudre, lié notamment aux « rigidités » du statut des agents de Presstalis.
Xavier Ternisien
Lekiosque.fr boucle son premier tour de table institutionnel
Après avoir reçu 0,7 million d’euros à l’occasion de son amorçage, la plate-forme de distribution de magazines sur Internet augmente de nouveau son capital. Elle accueille notamment à son bord le fonds Sigma Gestion, selon « Capital Finance ».
L’encre est tout juste sèche. Mercredi dernier, la plate-forme de distribution de magazines Lekiosque.fr a bouclé son premier tour de table institutionnel. Comme le révèle « Capital Finance », la start-up parisienne, née en décembre 2006, a de nouveau augmenté son capital, après avoir engrangé 0,7 million d’euros en amorçage auprès de business angels, en 2007. Elle reste discrète sur le montant collecté, « mais il se chiffre en millions d’euros », murmurent cependant les jeunes dirigeants, savourant leur plaisir. Il faut dire que les cinq entrepreneurs en herbe ont su séduire un bel aréopage d’actionnaires. Un fonds d’investissement les accompagne, désormais : Sigma Gestion, qui place pour l’occasion « plus de 1 million d’euros ». Dans le même temps, Lekiosque.fr reçoit aussi l’écot d’un family office et d’investisseurs privés du monde de l’édition – y compris de certains des investisseurs historiques, qui remettent la main à la poche.
Avec cette enveloppe, la TPE de quinze personnes – labellisée JEI (Jeune Entreprise Innovante) par Oséo – entend accélérer son essor. Après avoir consacré les trois précédentes années au développement de son outil technologique, elle souhaite renforcer ce dernier et engager des actions commerciales pour en faire la promotion. « A ce jour, nous offrons quelque 400 titres de presse sur notre site, et nous avons conclu des accords avec plus de 100 maisons d’édition », détaille Ari Assuied, son président. Désireux de poursuivre dans cette voie, Lekiosque.fr n’en oublie pas pour autant les applications pour l’Internet mobile. « Nous sommes là pour accompagner les éditeurs de presse dans leur évolution, en complément de leurs stratégies qui combinent Web et papier », poursuit-il. Tout cela en se rémunérant à la performance.
FRANCK MOULINS, Capital Finance
L’hebdomadaire satirique Siné Hebdo va fermer fin avril
PARIS — L’hebdomadaire satirique Siné Hebdo, fondé en septembre 2008 par un ancien caricaturiste de Charlie Hebdo, a annoncé lundi qu’il allait fermer, avec un dernier numéro prévu fin avril, parce qu’il « perd chaque semaine de l’argent », et après avoir « tout tenté ».
« Bien que le chiffre des ventes soit resté tout à fait honorable en ces temps de crise économique (37.000 ventes), Siné Hebdo perd chaque semaine de l’argent », explique le journal dans un communiqué.
L’hebdomadaire, fondé avec un capital de 2.400 euros et sans publicité, perd environ 35.000 euros par mois, a-t-on précisé.
« Tout aura été tenté: impression sur un papier moins cher, réduction des piges acceptée unanimement par les collaborateurs et appel aux dons lancé le 10 mars », ajoute-t-il.
« Mais cela ne suffit pas. La décision a donc été prise de fermer le journal. On n’allait tout de même pas risquer qu’un administrateur judiciaire impose sa loi à Siné Hebdo! », poursuit le communiqué.
Le journal sortira encore quatre numéros. Le dernier, qui paraîtra le 28 avril, « sera l’objet d’un enterrement joyeux lors de la manif du 1er mai où toute l’équipe de Siné Hebdo vendra ce collector en fanfare! », ironise le journal satirique.
Siné Hebdo avait été lancé le 10 septembre 2008 par le dessinateur Siné, licencié de Charlie Hebdo après une chronique sur une supposée conversion au judaïsme de Jean Sarkozy.
Siné est directeur de la publication, la rédaction en chef étant assurée par son épouse, Catherine Siné.
Le journal, vendu au prix de 2 euros, emploie 10 salariés.
Sa création avait été à l’origine de sérieuses dissensions dans le monde des dessinateurs de presse, certains d’entre eux ayant été contraints de choisir leur camp.
Controverse entre France Soir et Presstalis
Par Emmanuel Berretta
France Soir a vu gros pour sa relance : 500.000 exemplaires ont été tirés à l’occasion de sa nouvelle formule. Mais ils ont généré une facture d’invendus record, selon la Correspondance de la presse, qui avance le chiffre de 500.000 euros. Les numéros invendus sont d’ordinaire facturés par Presstalis (ex-NMPP), qui assure leur retour des kiosques vers l’éditeur. Mais Christiane Vulvert, directrice générale, affirme avoir négocié un accord particulier : pendant 5 semaines, les invendus de France Soir seraient à la charge de… Presstalis ! « C’est un régime dérogatoire au crédit nouveauté selon lequel Presstalis prend en charge 35 % des invendus pendant trois mois, » précise-t-elle.
Mais Pesstalis dément ce propos : « Le crédit nouveauté est de 25 %, et non de 35 %, d’ordinaire. Nous accompagnons les nouveautés et les relances, mais il n’a jamais été question de prendre en charge 100 % des invendus de France Soir . Nous avons adressé une proposition par écrit à Mme Vulvert afin de concentrer notre aide aux invendus sur un mois. Cependant, nos courriers sont restés sans réponse. »
Les chiffres des ventes seront révélés à la presse mercredi. Les ventes devraient tourner autour de 100.000 exemplaires en moyenne par jour, dopées par de grosses ventes le samedi, où, pour 50 centimes d’euro, le titre offre un supplément TV. Christiane Vulvert affirme : « Contrairement au lancement ordinaire, France Soir gagne des lecteurs un peu chaque jour. » Son nouveau lectorat se recrute plus facilement en province : 14 fois plus de ventes à Marseille, 12 fois plus de ventes à Lille, 6 à 7 fois plus de ventes en région parisienne et seulement 4 fois plus de ventes à Paris.
Plainte pour « perte d’image »
Le nouveau propriétaire, le jeune Franco-Russe Alexandre Pougatchev, fils de l’oligarque Sergueï, a affiché de hautes ambitions pour le titre tombé à 23.000 ventes quotidiennes. En insufflant 20 millions d’euros dans les voiles de France Soir, Pougatchev visait une moyenne de 150.000 exemplaires en juin 2010 et 200.000 exemplaires en décembre 2010. Une seconde campagne de pub sera engagée en septembre prochain. La relance des abonnements devrait bientôt suivre.
Deux jours après son lancement, France Soir a été victime d’une erreur photo concernant les vacances de Johnny Hallyday à Saint-Barthélémy . Le quotidien a porté plainte contre l’agence Abaca pour perte d’image. Une expertise a été lancée pour évaluer le préjudice. « Il sera élevé, prévient Christiane Vulvert, car la pile des articles sur la relance de France Soir est aussi haute que la pile d’articles à propos de la bourde Johnny. Or la première nous a coûté 20 millions d’euros… »
Presstalis : le plan de sauvetage du rapport Mettling
Par Delphine Denuit et Enguérand Renault
Presstalis distribue actuellement 80 % de la presse en France.
Un document dresse le bilan désastreux des finances de la principale coopérative de presse.
Presse Presstalis joue son avenir. Un conseil de gérance et un comité exécutif de Presstalis (ex-NMPP) se sont tenus hier pour étudier les propositions du rapport de Bruno Mettling, l’inspecteur général des finances, et de David Lubek, pour tenter de redresser le distributeur de presse, au bord de la faillite.
Ce rapport a été remis à François Fillon, qui l’avait missionné début janvier, avant d’être présenté mardi aux membres du conseil de gérance de Presstalis. Ce document tire la sonnette d’alarme sur l’état désastreux des finances du groupe avant de proposer un plan cohérent pour remettre le système à plat et le rendre pérenne.
Le constat
Presstalis affichera un déficit d’exploitation de plus de 26 millions d’euros en 2010 après 40 millions pour 2009. «Il y a une vraie urgence, souligne un proche du dossier. Si l’on ne réagit pas vite, Presstalis déposera le bilan avant la fin de l’année.» En effet, Presstalis affiche des fonds propres négatifs de 50 millions d’euros. L’enjeu est important, c’est la survie d’un groupe distribuant 80% de la presse et employant 1.200 salariés. La difficulté de la mission Mettling a été d’échafauder un plan cohérent qui devra être mis en place très rapidement. Cela conditionnera le soutien de l’État.
1.Instaurer une nouvelle gouvernance
Presstalis deviendrait une société anonyme (SA) avec un véritable PDG à sa tête. Aujourd’hui, c’est une coopérative, avec un opérateur, Lagardère, et un directeur général. L’actuel titulaire du poste, Rémy Pflimlin, qui connaît par cœur les rouages du groupe, pourrait en devenir le PDG. Cette société anonyme serait contrôlée par deux coopératives : l’une dédiée à la presse quotidienne, l’autre aux magazines. Dans le même temps, le groupe Lagardère jusqu’alors actionnaire avec 49 % du capital pourrait, s’il le souhaite, céder sa participation et abandonner son rôle d’opérateur de Presstalis. Pour réguler la distribution de la presse (Presstalis détient 80% du marché, contre 20% pour les MLP) le rapport préconise d’instaurer une autorité administrative indépendante à l’image de l’Arcep dans les télécoms ou du CSA dans l’audiovisuel. Cette autorité serait adossée au Conseil supérieur de la presse qui ne serait pas remis en cause.
2. Restaurer l’exploitation
Il est impératif de le faire pour pérenniser l’entreprise mais aussi pour restaurer la confiance de certains magazines qui menacent d’aller à la concurrence des MLP. Or, aujourd’hui, Presstalis est entravé par un surcoût d’exploitation estimé à 65 millions d’euros, dont près de 25 millions rien que pour les dépôts à Paris et dans sa région. Mais le rapport reste elliptique sur le détail du volet social nécessaire avant qu’il soit exposé aux syndicats qui ont déjà subi le plan Horizon 2010. Ces efforts réalisés, le rapport estime que le retour à l’équilibre d’exploitation pourrait être atteint dès 2011. Mais pour cela, il faut actionner un troisième levier.
3. Refondre les barèmes
Les barèmes, tarifs payés par les éditeurs pour distribuer leurs journaux, devraient être modifiés. Actuellement, ils sont calculés sur le prix de vente du journal. Dans le futur, ils prendraient davantage en compte le coût de traitement et d’acheminement. Mais surtout, et c’est là que le bât blesse, les barèmes devraient être augmentés de 2,5 points pour les quotidiens et d’1 point pour la presse magazine. Mais afin d’aider les quotidiens, dont les coûts sont plus élevés, l’État compenserait une partie de la hausse de leur barème.
4. Volet financier
Au total, Presstalis à besoin de 125 millions d’euros, selon ce plan. Tous les acteurs seraient mis à contribution.
Presstalis devrait vendre des actifs périphériques pour une trentaine de millions d’euros. Ses actionnaires devraient remettre au pot. Mais dans quelle proportion ? Sur ce point, les actionnaires (Lagardère pour 49% et les autres éditeurs pour 51%) sont divisés. Ils ont même interrompu hier leur conseil de gérance.
Enfin, l’État est prêt à donner un coup de pouce, à condition que toutes les parties se soient entendues. Il est prêt à verser 20 millions d’euros cette année.
De plus, il s’engagerait à pérenniser et augmenter sa subvention annuelle à la distribution de la presse de 12 à 18 millions d’euros.
La diffusion de la presse résiste
Mots clés : OJD, PARIS, Patrick Bartement, Observatoire de la presse
Par Delphine Denuit
En dépit de la crise, la presse se porte mieux qu’escompté, surtout si l’on compare sa diffusion sur vingt ans.
Chaque année depuis vingt ans, l’Association de contrôle de la diffusion des médias, plus connue sous le nom d’OJD, publie son Observatoire de la presse, le baromètre de référence pour connaître l’état de santé de la presse française.
Après une année 2009 de crise sans précédent pour le secteur, les résultats de ce nouvel Observatoire laissaient craindre le pire. Or, il n’en est rien. L’OJD a surpris ce mercredi en présentant un bilan plutôt positif de la diffusion de la presse française. L’évolution des ventes au numéro des titres est, certes, en recul de 5,76% par rapport à 2008, souligne l’OJD. Mais, dans le même temps, les abonnements (individuels et portage) restent assez stables à – 0,82%. «Au final, la baisse moyenne de diffusion de la presse atteint 3,3% (898 titres diffusant 4,3 milliards d’exemplaires), ce qui est un très bon score en 2009, année de crise», commente Patrick Bartement, directeur général de l’OJD.
De fortes disparités
Ouest-France reste, sans surprise, le quotidien le plus diffusé en France en 2009 (762 213 exemplaires en moyenne par numéro), devant Le Figaro (314 947 exemplaires) et Le Parisien (304 971). Sur un an, la presse technique et professionnelle accuse le plus fort recul, à – 6,6%, tandis que la presse quotidienne du septième jour voit sa diffusion grimper de 4,5% sur la même période. On retrouve de telles disparités dans les familles de magazines, la presse cuisine tirant exceptionnellement bien son épingle de la crise comme valeur refuge. Maxi Cuisine et Vie Pratique Gourmand affichent une diffusion respective de 233 530 et 198 805 exemplaires en moyenne par numéro en 2009.
Signe, en revanche, du ralentissement du marché, le nombre de titres créé l’an passé est en fort recul. «Seuls 25 nouveaux titres ont été créés en 2009, rien de comparable avec les 210 lancements enregistrés en 2005, par exemple.»La crise n’est bien sûr pas terminée, mais le lancement fin août de Grazia , le nouvel hebdomadaire féminin à vocation haut de gamme de Mondadori France, «a marqué une inversion de tendance», remarque l’expert. Depuis, deux autres titres concurrents – Envy du groupe Marie Claire et Be de Lagardère Active – ont vu le jour. Depuis le début de l’année 2010, 28 nouveaux titres ont été lancés.
Contenu en ligne
Plus étonnant encore, l’Observatoire, lancé en 1990, révèle que la presse se porte mieux qu’il y a vingt ans. La diffusion de la presse magazine progresse de 21,7% (1,88 milliard d’exemplaires en 2009) sur vingt ans alors même que la population française a augmenté de 11,5%. Et si la presse quotidienne nationale recule de 7% en semaine, les presses féminine et économique grimpent de 33% et 22% en vingt ans. Et ce, malgré l’essor des usages de l’Internet, de la télévision et des smartphones. «La presse a un avenir, conclut Patrick Bartement. Mais encore faut-il qu’elle trouve de nouveaux canaux de distribution et qu’elle parvienne à monétiser son contenu en ligne.»
Mondadori : «Il n’y a pas de place pour trois»
Ernesto Mauri, président de la filiale française du groupe d’édition et de presse italien Mondadori (Télé Star, Top Santé, Biba, Closer, Grazia…) se félicite qu’après deux ans de restructuration à marche forcée, Mondadori France entame 2010 avec assurance. «Désormais, Mondadori France (ex-Emap) regroupe 26 titres rentables, pas un ne perd de l’argent», explique-t-il. La fermeture, en 2009, de cinq titres déficitaires (Mixte, FHM, Caméra Vidéo, La Nouvelle Revue du Son, Le Photographe) et le regroupement de deux titres – L’Auto-Journal et Sport Auto – dans sa société commune Emas avec Axel Springer France sont derrière elle. En ordre de bataille désormais avec un chiffre d’affaires 2009 de 343,5 millions d’euros (- 6,6% sur un an à périmètre comparable),
Mondadori France entend bien s’imposer sur le marché des hebdomadaires féminins haut de gamme, derrière l’indétrônable Elle. Les lancements de Envy (groupe Marie Claire) et de Be (Lagardère Active), des magazines concurrents de son Grazia (183 000 exemplaires vendus en janvier et février), n’entament pas le moral de son président. «Si la diffusion de ces titres est extensible, je reste convaincu que le marché publicitaire, lui, ne l’est pas et qu’il n’y a donc pas de place pour trois titres, mais tout au plus pour deux», affirme Ernesto Mauri. Et il ne doute pas que Grazia, qui compte déjà 15 éditions internationales, en fasse partie.
« Le Monde » évolue le 29 mars et arrive sur l’iPad
Publié par Julien Lalande
La semaine prochaine, lundi 29 mars, le journal Le Monde va lancer plusieurs nouveautés dont une offre inédite quadriple play inédite dans le marché de la presse.
D’abord, le quotidien papier va évoluer à travers quatre nouveautés. La Une, que nous vous proposons de découvrir ci-contre en avant-première, sera composée d’un sujet phare qui occupera toute la partie horizontale de la page. L’éditorial et le dessin de Plantu seront publiés en Une tandis que plusieurs faits marquants bénéficieront également de cette fenêtre d’exposition.
La deuxième page sera rénovée. Baptisée « 24 heures dans le monde », elle permettra aux lecteurs de connaître l’essentiel de l’actualité en une page. Enfin, la nouvelle rubrique « Contre-enquête » traitera « à fond » d’un sujet d’actualité dans deux voire trois pages. « Le lecteur entrera dans ces pages par une série de trois questions auxquelles une équipe de journalistes, réunis pour l’occasion, répondra précisément à travers des enquêtes, des entretiens, des reportages, des infographies », indique le quotidien.
D’autre part, courant avril, le journal va lancer deux nouvelles applications sur l’AppStore d’Apple. La première concernera l’iPhone. Alors que le quotidien dispose déjà d’une application gratuite (téléchargée plus de 1,4 million de fois), il lancera un logiciel payant pour consulter un fac-similé du journal papier dès 14h. La seconde sera destinée à la tablette tactile de la marque à la pomme, l’iPad. L’application permettra d’acheter la version interactive du journal. Dans les deux cas, les logiciels permettront un achat à l’acte ou par abonnement.
Enfin, Le Monde va lancer une formule d’abonnement qui permettra de s’abonner au quotidien papier, au site internet et à ces deux nouvelles applications. L’offre est proposée 29,90 euros par mois après une période découverte de 3 mois à 19,90 euros par mois.
http://www.ozap.com/actu/presse-ecrite-monde-nouvelle-une-appli-ipad-iphone/331414
Mondadori voit ses profits fondre en 2009
Le groupe italien de médias Mondadori publie ce mardi un bénéfice net consolidé de 34,3 millions d’euros divisé par près de 3 en un an pour un chiffre d’affaires en repli de 15,3% sur un an.
Mondadori
L’exercice fiscal 2009 du groupe italien de médias Mondadori détenu par Silvio Berlusconi s’est soldé par un bénéfice net consolidé de 34,3 millions d’euros contre 97,1 millions un an plus tôt.
Le bénéfice opérationnel accuse également une chute du même ordre pour tomber à 71,8 millions d’euros, après 13,4 millions d’euros d’amortissement et de dépréciations d’actifs.
Dans le même temps, le groupe spécialisé dans l’édition et la presse magazine, a réalisé un chiffre d’affaires de 1,54 milliard d’euros, en baisse de 15,3%. L’activité Magazines en France (Biba, Closer, Modes&Travaux, Grazia, Auto Plus, Télé Star,……) y a contribué à hauteur de 343,5 millions d’euros (-8,2% sur un an). Dans son communiqué, le groupe indique avoir enregistré une diffusion moyenne France payée de 180.000 exemplaires de « Grazia », son hebdomadaire féminin sorti fin août. Un chiffre supérieur à son objectif de 160.000.
Le groupe ne proposera pas de dividende cette année.
Quant à ses prévisions, Mondadori souligne n’avoir constaté aucun changement significatif sur les deux premiers mois de l’année. Le groupe prévoit toujours de réduire ses coûts et d’améliorer sa profitabilité.
http://www.latribune.fr/entreprises/communication/publicite-medias/20100323trib000490831/mondadori-voit-ses-profits-fondre-en-2009.html
La création d’une société bouscule parfois les emplois du temps, et nous sommes désolées que la Revue de Presse patisse de notre manque de temps ! Mais voici un petit rattrapage des dernières semaines, sachant que la semaine prochaine nous réserve quelques rebondissements avec l’entretien prévu entre M.le premier Ministre et M.Mettling !
Premier couac pour France-Soir
Publié le 19 Mars 2010 à 17h42
Le quotidien France-Soir aurait-il commis une grosse bourde deux jours seulement après le lancement de sa nouvelle formule ? Le journal a réalisé sa Une du vendredi 19 mars sur Johnny Hallyday. Cette première page comprend une grande photo, montrant le chanteur se baignant sur une planche de surf en compagnie de sa femme et d’une de ses filles. Le titre indique « Johnny au top », précisant que le cliché est exclusif.
Sauf que cette photo n’est pas récente, et encore moins exclusive. Le cliché a en effet déjà été publié dans le magazine Voici… en 2006, il y a déjà quatre ans. Et alors que la légende de France-Soir indique qu’il est avec sa fille Joy, il s’agirait en fait de sa fille aînée, Jade.
L’entourage de Johnny Hallyday a confirmé à Europe 1 que ces photos étaient effectivement anciennes.
France-Soir indique dans un communiqué de presse qu’elle a été induite en erreur par l’agence de photos Abaca Press. « Abaca Press a vendu à notre chef de service photo des images de Johnny à Saint Barthelémy en train de se baigner avec sa femme et l’une de ses filles, indiquant que ces photos dataient du 18 mars 2010. Nous engageons une procédure envers l’agence Abaca Press qui a d’ailleurs reconnu sa faute ».
De son côté, l’agence de photos indique qu’elle avait reçu ces clichés de la part de l’agence californienne X17, datées du 18 mars. « Nous présentons nos excuses à France Soir et à ses lecteurs », a ainsi déclaré le directeur de l’agence Abaca Press ».
France Soir a publié dans son édition du samedi 20 mars un encadré titré « Johnny à Saint-Barth : l’information est juste, la photo non ».
S’appuyant sur des photos de Johnny Hallyday publiées ce samedi dans Voici et montrant le chanteur se baignant dans la mer des Caraïbes, le journal estime que l’hebdomadaire people « confirme les informations » publiées vendredi, selon lesquelles le chanteur se repose avec sa famille à Saint-Barthélemy. France Soir explique que « des photos existent bien » mais qu’ »Abaca Press a transmis par erreur (au journal) des photos plus anciennes ».
Lagardère lance « Be », un nouvel hebdomadaire féminin
Le concept de « marque globale » de Lagardère Active vise la constitution d’une communauté de jeunes femmes consommatrices des produits « Be ».
Le lancement de Be, nouveau concept de « marque globale » annoncé par Lagardère Active, doit se traduire par l’arrivée en kiosque vendredi 19 mars d’un nouvel hebdomadaire féminin pour les trentenaires.
« Avec Be, nous lançons une marque ‘média’ globale », a déclaré mercredi Didier Quillot, président de Lagardère Active, précisant que Be sera décliné « à 360 degrés » avec un magazine hebdomadaire, une présence sur le web, sur les mobiles, à la radio et à la télévision.
Un haut de gamme générationnel
Concernant le magazine, il s’agit d’un « feminin haut de gamme générationnel, visant les jeunes femmes de 20 à 35 ans ». Il compte quatre piliers rédactionnels : news, mode, beauté, psycho/sexo. L’hebdomadaire se veut « pétillant, léger, impertinent, chic et audacieux », a défini Anne Bianchi, directrice de la rédaction. Pour le premier numéro, Lagardère mettra en place 520.000 exemplaires. Son objectif de diffusion est de 160.000 exemplaires avec un équilibre d’ici trois ans et un retour sur investissement à cinq ans. Son prix de vente sera de 1,50 euros, avec un prix de lancement fixé à 1 euro.
« Un aboutissement marketing »
La marque entend mettre en place une communauté de jeunes femmes, les « Bees » qui seront tout à la fois lectrices du magazine, actives sur le web via le site be.com et sa déclinaison communautaire, consommatrices grâce au e-commerce. Elles pourront consommer via la web-radio Be on Air, les programmes « Be » sur June (ex-Filles TV) du groupe Lagardère, leur iPhone et son application dédiée.
« Be est un aboutissement marketing », s’est félicité Didier Quillot évoquant « une première en termes de ‘brand management’ (gestion de marque) qui utilise toute la puissance des médias réunis du Groupe Lagardère ».
L’Apec se sépare de son magazine Courrier Cadres
La cession du magazine Courrier Cadres au groupe de presse Touati n’est que le début d’une vaste réforme de l’Association pour l’emploi des cadres.
Remue-ménage à l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). Jeudi 18 mars, le directeur, Jacky Chatelain, a annoncé son intention de céder le magazine Courrier Cadres et son site courriercadres.com au groupe de presse Gérard Touati (Rebondir, L’Officiel de la franchise). « Les 35 salariés craignent un dégraissage massif sans négociations et un projet éditorial au rabais », s’alarme un journaliste en interne. Le conseil d’administration tranchera le 27 avril prochain.
Victime de la crise de la presse…
Face à la concurrence des sites d’offres d’emploi et la crise de la presse, le magazine peine à se renouveler. Passé d’hebdomadaire à mensuel en 2006, le titre affiche encore près de 3 millions d’euros de pertes par an. Trop lourd pour l’Apec qui est confrontée à un marché de l’emploi des cadres en perdition et une remise en cause de son leadership.
… et de la réforme du Pôle Emploi
Depuis la fusion du Pôle Emploi et des Assédic début 2009, l’Apec est en effet en concurrence frontale avec des cabinets de recrutement privés pour accompagner les demandeurs d’emploi. L’association va donc devoir se réinventer pour continuer à justifier les 100 millions d’euros d’aide de l’Etat qu’elle engrange chaque année. La cession de l’activité presse n’est donc vraisemblablement que le début d’un vaste plan d’économies…
La version iPhone du site www.toutabo.com est disponible
Comme annoncé en Février, la société Toutabo a lancé la version iPhone de son site www.toutabo.com.
Cette version du site, compatible iPhone et iPad d’Apple est disponible sur http://iphone.toutabo.com . C’est pour l’instant une version non marchande du site d’abonnement presse. Elle permet de se tenir informé de toutes les sorties, de lire les sommaires des magazines dès leur mise en vente en kiosque et de les feuilleter en ligne (dans un format basse définition qui ne permet pas la lecture tant que vous n’avez pas acheté le numéro).
Cette version iPhone du site sera rapidement enrichie des fonctionnalités marchandes qui permettront au lecteur d’acheter au choix la version papier ou la version numérique du magazine .
A propos de TOUTABO ? Centrale d’Abonnements Presse ? www.toutabo.com :
TOUTABO a été créée février 2005 avec pour vocation d’être un acteur du marketing de fidélisation appuyé sur une offre de vente d’abonnement presse.
La société édite les sites www.toutabo.com pour son offre presse classique (plus de 760 titres à l’abonnement et plus de 4000 titres au numéro) et www.monkiosque.fr pour son offre numérique sur toutes plateformes (y compris l’iPad d’Apple).
Les marques « Toutabo », « Abonnement Presse », « Abonnement Magazine », « Abonnement Enfant », « Monkiosque.fr » et www.pressefrance.com sont des marques de la société Toutabo, déposées à l’INPI
La société dispose d’un modèle économique attractif, intégrant une marge brute élevée, une grande récurrence de l’activité et une mutualisation de moyen marketing, commerciaux et techniques utilisés pour diffuser efficacement son offre et fidéliser sa clientèle.
Direction Générale : Franck Chauveau / Tel: +33 1.75 47 81 60
Le rapport Mettling présenté le 30 mars à Presstalis
par Delphine Denuit
Le rapport sur la refonte du système de distribution de la presse en France sera présenté aux membres du conseil de gérance de Presstalis (ex-NMPP) le 30 mars, le conseil se réunissant officiellement pour en débattre le 1er avril.
La journée du 30 mars s’annonce à double titre importante pour Bruno Mettling. L’inspecteur des finances, qui fêtera ce jour-là ses 52 ans, aura la délicate tâche de présenter son rapport aux membres du conseil de gérance de Presstalis (ex-NMPP) lors d’une réunion informelle. Seront notamment présents : Jean de Montmort, Jacqueline Galvez, Jean-Pierre Caffin, Marc Feuillée et Nathalie Collin, les cinq éditeurs présidents de coopératives de presse, actionnaires à 51 % du distributeur Presstalis aux côtés des trois représentants de l’opérateur Lagardère, actionnaire à 49 % de la messagerie (Anne-Marie Couderc, Jean-Louis Nachury, Thierry Funck-Brentano) sans oublier le directeur général de Presstalis, Rémy Pflimlin, et le secrétaire du conseil, Jean-Paul Abonnenc.
Supposée confidentielle, cette rencontre doit leur permettre de prendre connaissance du projet de réforme de la distribution de la presse sur lequel travaille Bruno Mettling depuis la mi-janvier, à la demande du premier ministre, François Fillon. Celui-ci doit d’ailleurs se voir remettre le document peu avant, Bruno Mettling travaillant toujours dessus. Si «le texte est en voie de finalisation, le schéma général est acté, son équilibre s’appuyant toujours sur les efforts nécessaires de chacune des parties», précise une source proche du dossier.
En raison de ce rendez-vous officieux, la tenue «officielle» du conseil de gérance mensuel de Presstalis a dû être décalée d’une semaine. Initialement prévue le jeudi 25 mars, soit comme d’habitude le dernier jeudi de chaque mois, sa réunion a été reportée au 1er avril. Il aurait été, en effet, ridicule de rassembler un conseil de gérance à quelques jours de la remise du rapport Mettling…
Attendu début avril à la direction des ressources humaines de France Télécom, Bruno Mettling ne ménage pas ses efforts pour réussir sa sortie. Il continue de multiplier les rendez-vous. Mais les derniers propos d’Arnaud Lagardère ne lui facilitent pas la tâche. Le président du groupe de médias a refusé la semaine dernière d’être considéré comme l’opérateur de Presstalis, ravivant les crispations sur l’avenir du distributeur, en très grande difficulté financière.
Le marketing plus que jamais aux commandes des magazines féminins
De Laurent HOUSSAY (AFP)
PARIS — « Etes-vous fashion addict et plurimedia-native? »: les magazines féminins récemment lancés reposent sur des techniques marketing particulièrement sophistiquées, décortiquant les attentes de lectrices volontiers définies comme des « consommatrices de concepts ».
En moins d’une année, trois nouveaux hebdomadaires féminins ont été lancés sur un marché français florissant avec plus de 40 titres vendant près de 400 millions d’exemplaires par an: Grazia chez Mondadori, Envy au groupe Marie Claire et « Be » (prononcer bi), dernier né de chez Lagardère Active, qui sort vendredi.
Point commun, ils revendiquent tous trois l’appartenance à la catégorie « haut de gamme générationnelle » et vise les lectrices âgés de 20 à 35 ans.
Les groupes de presse français ont généralisé l’utilisation d’études préalables particulièrement poussées, dont les résultats formatent largement l’imagination et la créativité des éditeurs.
Les éditeurs se réfugient volontiers derrière un jargon anglo-saxon, au vocable parfois abstrait pour définir leur concept de presse ou leurs lectrices. Un nouveau magazine, comme une nouvelle marque, est ainsi « un aboutissement marketing », selon l’expression de Didier Quillot, président de Lagardère en présentant récemment Be, qu’il défini comme « média global ».
Groupes de lectrices, tests multiples et sondages en tout genre permettront ainsi d’aboutir à un hebdomadaire destiné aux « fashion addicts » qui sont « nativement pluri-media », comme l’a expliqué M. Quillot.
Les stratèges de Lagardère ont aussi défini les « groupes d’intérêts » auxquels participeront les internautes de be.com, déclinaison du magazine éponyme: « Beautiful, Pop Culture, Be for Me et Parlons Style ».
Envy, lancé le mois dernier, « mix de presse people et féminine », vise quant à lui les 20 à 35 ans CSP+ (c’est à dire catégorie socio-professionnelle supérieure). L’hebdomadaire se défini comme un « Glossy Mag », littéralement magazine brillant, à l’image du papier sur lequel il est imprimé. Envy s’adresse aux « Fast fashion/People addicts », s’était plu à souligner Jean-Paul Lubot, directeur général du groupe Marie Claire.
Les premiers lancements résolument basés sur le marketing ont été réalisés en France au début des années 80 par l’Allemand Axel Ganz, pionnier du genre, Une étude longue et minutieuse des attentes d’un lectorat très clairement défini ont abouti à des succès de presse jamais égalé, flirtant avec le million d’exemplaires dans la presse féminine, plus populaire celle-là, comme Femme Actuelle.
Prisma Presse (filiale de l’Allemand Gruner+Jahr, groupe Bertelsmann), qui édite également Prima, Gala, Voici, Géo ou VSD, pourrait lancer d’ici un an un nouveau mensuel au positionnement encore secret.
La rentabilité peut être au rendez-vous en cas de lancement réussi, mais l’investissement est important: Be ou Envy « pesaient » plus de 20 millions d’euros de coût de lancement, montant qui inclut études, conceptions, campagne publicitaire et promotion.
Un hebdomadaire coûte de 2 à 3 fois plus cher à lancer qu’un mensuel, mais en cas de succès il rapporte quatre fois plus.
Copyright © 2010 AFP.
Collectif des Editeurs de Presse Indépendants / Association des Editeurs de Presse
17.3.2010
L’assortiment … les MLP aussi vont l’appliquer !
Les MLP ont réuni leurs éditeurs le 9 mars 2010 pour décrypter le fonctionnement de l’assortiment et surtout pour expliquer comment cette messagerie, pourtant opposée à cette mesure depuis le début, va l’appliquer d’ici peu.
Les représentants des MLP ont d’abord rappelé le mode d’application de cette mesure. Pour faire simple, elle vise à écarter des points de vente les petits magazines, même s’ils sont vendeurs, pour peu qu’ils représentent un chiffre d’affaire moins important que les autres.
Pour savoir si votre titre va rester dans le linéaire (règles détaillées en pièce jointe) :
- Seuls les magazines d’information spécialisée sont concernés, la presse d’information générale est protégée et les jeux de mots ont apparemment signé un accord spécifique. Les nouveautés sont également protégées pendant 6 à 9 mois selon leur périodicité.
- Ensuite, un palmarès au chiffre d’affaire est réalisé. D’abord au niveau national, puis au niveau local. Par mètre linéaire du point de vente, seuls trois titres dont les chiffres d’affaire sont les plus élevés au niveau national, et six titres dont les chiffres d’affaire sont sur le haut du panier dans le point de vente en question, ont le droit d’être mis à la vente d’autorité. Les autres sont automatiquement exclus du point de vente, sauf si le vendeur en fait expressément la demande. Quand on connait la charge de travail de vendeurs et leur impossibilité à maîtriser tout ce qu’ils vendent, on s’attend à voir peu de réintégration.
- Parmi les détails qui ont leur importance, on peut noter que les hors-séries d’information politique et générale ne sont pas touchés. Le hors-série High-tech ou Vins du Point serait par exemple protégé. Il semble que ce soit une bonne façon pour ces éditeurs d’évacuer une concurrence gênante. Autre détail dérangeant, quand un titre est sorti d’un point de vente, il ne pourra plus jamais y retourner, puisque son chiffre d’affaire sera obligatoirement à 0 € sur ce point de vente. Il apparaît également un fort favoritisme vers les nouveautés, ce qui pourrait inciter le marché à créer sans cesse de nouveaux magazines plutôt que de maintenir les titres existants. Par ailleurs, les titres à faible chiffres d’affaire, au niveau national et local (qui sont souvent cohérents par ailleurs), sortiront intégralement du système de distribution français, ce qui est contraire à l’esprit de la loi Bichet garantissant l’accès au réseau à tous les éditeurs.
Nous estimons qu’environ 400 titres français, vendus en magazine de la presse, ne devraient pas résister à la mise en oeuvre de l’assortiment.
Les représentants de la messagerie ont également expliqué que les MLP avaient demandé à prendre en charge l’application de cette mesure sur Paris, leur but annoncé étant de pouvoir critiquer la mesure de l’intérieur. Presstalis semble raconter n’importe quoi quant aux résultats des tests, et les MLP veulent pouvoir vérifier leurs dires. Un jeu dangereux à notre avis, d’autant que Presstalis est en passe d’être fortement réorganisé, voire de disparaître.
MLP prévoit d’appliquer l’assortiment à partir d’avril sur le réseau parisien, même si pour l’instant, le système informatique n’est pas prêt, la phase de discussion avec le point de vente pour demander la réintégration du titre n’est pas encore disponible, et Presstalis, empêtré dans ses difficultés, ne donnent plus les informations de chiffres d’affaires de ses titres, indispensables au calcul du palmarès, depuis plusieurs semaines.
Du grand n’importe quoi, comme d’habitude, que les éditeurs vont payer.
Nous proposons à nos adhérents de demander la tenue d’une AG extraordinaire aux MLP avec une résolution réclamant l’arrêt de cette mesure. Pour cela 25% des éditeurs MLP doivent signer la demande. L’Association des Editeurs de Presse est en train de mettre en oeuvre cette action, qui, nous l’espérons, permettra de faire revenir tout le monde à la raison. Editeurs MLP, nous comptons sur vous pour signer cette demande.
Presstalis : Martin Desprez remplace Villeneuve
Le directeur général du groupe Amaury prend la direction de la coopérative des quotidiens au moment où tout le système de distribution français s’effondre comme un château de cartes… (la suite sur le blog ELECTRON LIBRE)
Presstalis : Nathalie Collin élue gérante
Delphine Denuit.
La coprésidente du directoire de «Libé» prend la tête de la Coopérative des quotidiens de Paris. Nathalie Collin a été élue lundi soir à la tête du conseil de gérance de la Coopérative des quotidiens de Paris, l’une des cinq coopératives de Presstalis (ex-NMPP), la principale société chargée de la distribution de la presse. Elle remplace Bernard Villeneuve, qui en tenait les rênes depuis plus de vingt ans. Président de ce conseil de gérance depuis 1990, l’actuel directeur délégué du groupe Les Échos avait lui-même décidé mi-janvier de «passer la main». «À ceux qui habiteront la nouvelle maison d’en dessiner les plans», avait-il expliqué. Soutenir la presse en ligne
C’est aujourd’hui chose faite avec l’élection à l’unanimité de Nathalie Collin, cooptée pour l’occasion au conseil de gérance en remplacement de Laurent Joffrin, également président du directoire de Libération. Nathalie Collin devient, du même coup, gérante de Presstalis et rejoint deux autres femmes sur les huit membres que compte le conseil : Anne-Marie Couderc, directrice déléguée auprès de Didier Quillot chez Lagardère Active, et Jacqueline Galvez, ex-directrice générale du Nouvel Observateur. Ancienne directrice générale de Virgin Musique France, puis d’EMI France, avant d’en être nommée présidente déléguée, elle a rallié le quotidien Libération début 2009.
Toujours favorable à « une contribution créative » ponctionnant les fournisseurs d’accès Internet afin de soutenir la presse en ligne, Nathalie Collin attend désormais avec impatience le mois de mars. «Nous devrions alors connaître les conclusions de la mission confiée à Bruno Mettling pour réformer Presstalis. Il nous faudra les appliquer au plus tôt… Les mois à venir s’annoncent chargés», confie-t-elle. Le conseil de gérance de Presstalis vient justement de reporter à la fin mars les modalités du plan de reconstitution des fonds propres du distributeur.
Le magazine féminin « Envy » en kiosque aujourd’hui
Par Mathilde Laurelli
Minute Mode – Le groupe de presse Marie Claire lance un nouvel hebdomadaire qui s’adresse aux jeunes femmes de 20 à 35 ans, et crée un site Web en simultané.
Après le lancement de Grazia par Mondadori, le marché de la presse féminine accueille encore un petit nouveau: le magazine Envy sort aujourd’hui en kiosque pour 1,70€. Cousin de Look en Grande-bretagne et proche de Closer, le magazine traite en majorité de potins people et de tendances mode. Les rubriques habituelles, comme la beauté ou la culture, sont également au rendez-vous.
Les petits plus? Une chronique « tendance vip » décortique le look des stars –le jegging de Gwen Stefani, la marinière de Drew Barrymore… Dans « ma une d’Envy », une célébrité joue les rédactrices en chef en créant sa couverture –l’actrice Mélanie Thierry parle des premiers pas d’Audrey Tautou au théâtre- et dans « photo portrait » un people commente un cliché de lui –le batteur Manu Katché s’amuse de sa ressemblance avec Yannick Noah.
Un site Web interactif et une application iPhone complètent la panoplie des « envyeuses »: les internautes peuvent poster leurs photos de streetstyle, révéler des scoops ou encore suivre les conseils vestimentaires d’une « coach », la styliste Emilie Albertini, vue dans l’émission Nouveau look pour une nouvelle vie sur M6.
Lagardère pénalisé par sa branche presse
Le groupe affiche un chiffre d’affaires en baisse de près de 4% en 2009 à 7,9 milliards d’euros. Les revenus de la presse, touchés par la baisse de la publicité, chutent de 20%.
Le géant des médias annonce ce jeudi un recul de son chiffre d’affaires consolidé de 3,9% en données brutes, à 7,892 milliards d’euros en 2009. Hors effet des variations de périmètre et de taux de change, ce chiffre d’affaires est en baisse de 4%. Le groupe doit cette baisse à sa branche Active qui regroupe les activités presses et audiovisuelles.
Ces deux branches ont considérablement souffert de la chute des revenus publicitaires en 2009. Résultats: la branche Lagardère Active voit ses revenus baisser de 18,3% à 1,725 milliard d’euros. Dans le détail, la presse tire les revenus vers le bas avec une chute de 20,1% de son chiffre d’affaires à 1,271 milliard d’euros. Le groupe note toutefois «une amélioration de tendance» au quatrième trimestre «après trois trimestre consécutifs de dégradation». L’audiovisuel recule de 12,8% à 454 millions d’euros, malgré la progression de l’audience d’Europe 1 et de RFM.
Sports et éditions soutiennent l’activité
Lagardère Sports, qui regroupe les droits sportifs, a été pénalisé en fin d’année par un environnement «plus difficile qu’escompté». Son chiffre d’affaires annuel progresse toutefois de 14,2%, à 507 millions d’euros. C’est la meilleure performance annuelle du groupe.
La performance de la division Lagardère Publishing (édition) est aussi «meilleure qu’attendue et se révèle exceptionnelle en année pleine», selon le groupe, avec une hausse de 5,3%, à 2,3 milliards d’euros.
Pour la suite, Lagardère devrait être «proche de la partie supérieure » de son objectif de variation du résultat opérationnel courant hors Lagardère Active, qui était compris entre une stabilité et une baisse n’excédant pas 10% à parités de change constantes.
Pourquoi faut-il sauver la Maison de la presse à Nice ?
Écrit par Paul Barelli
http://www.nicerendezvous.com/car/201002118523/pourquoi-faut-il-sauver-la-maison-de-la-presse-a-nice.html
Le palmarès des magazines les plus vendus en 2009
Publié par Julien Lalande – Mardi 9 Fevrier 2010 17h03
L’OJD a publié les chiffres 2009 des ventes de magazines français. Sans surprise, TV Magazine* et Version Fémina* se hissent en tête du palmarès. Il s’agit-là de deux suppléments vendus avec des journaux nationaux et régionaux. Fort de sa fusion avec TV Hebdo, TV Magazine dépasse désormais les 7 millions d’exemplaires moyens par numéro. Télé Z se place troisième avec 1,65 million d’exemplaire, une performance en retrait de 3,4% à l’image de l’immense majorité des magazines.
Comme chaque année, les magazines consacrés aux programmes de télévision trustent de nombreuses places dans le palmarès des titres les plus vendus. Ainsi, outre Télé Z, Télé 7 Jours est quatrième avec 1,47 million d’exemplaires (en baisse prononcée de 4,7% sur un an), devant TV Grandes Chaînes (1,12 million d’exemplaires, – 1,2% sur un an), Télé Loisirs (1,1 million, – 6,2%) et Télé 2 Semaines (près de 1,1 million, – 5,4%). On citera également Télé star, Télérama, Télécâble Sat Hebdo et Télé Poche qui se classent dans le Top 20 (voir tableau ci-dessous).
Public passe devant Voici
La famille, les femmes, le people et l’actualité sont quatre thèmes qui ont attiré quantité de lecteurs. Dans ce dernier genre, Paris Match se classe premier avec 611 000 exemplaires (- 3,5%). Seul Le Nouvel Obs parvient également à dépasser les 500 000 exemplaires. Mais à l’image de tous les newsmagazines, l’hebdomadaire a enregistré une baisse de sa diffusion de 1,6%. La plus forte baisse revient à VSD. Avec 152 000 exemplaires, les ventes du magazine ont dégringolé de 21,4%. On notera également la forte chute de Marianne (260 000 exemplaires, – 7,5%).
Dans le domaine du people, Closer fait toujours la course en tête avec 466 000 exemplaires (- 5,7%). Surprise, Public (428 000) vole la deuxième place à Voici (408 000). En cause, la chute des ventes de l’hebdomadaire de Prisma Presse (- 13,7%), bien plus forte que celle du groupe Lagardère (- 2,5%).
Enfin, la bataille des magazines féminins ne s’est pas démentie. Femme Actuelle reste en tête avec 927 000 exemplaires (- 5,7%), devant Prima (477 000 exemplaires, – 1,8%), Maxi (465 000, – 1%), Avantages (439 000, – 1,1%). Marie Claire, suit et affiche, c’est rare, une diffusion en hausse (+ 1,4%) à 430 000 exemplaires. On notera également la bonne performance de Elle, dont les ventes ont progressé de 3,8%, à 371 000 exemplaires. Enfin, Grazia est diffusé, en moyenne, à 181 000 exemplaires chaque semaine.
Pour le Syndicat du Livre, Bolloré affaiblit Le Monde
Dans un pastiche du quotidien gratuit intitulé « Direct Malin », le Syndicat du Livre CGT accuse Vincent Bolloré, qui a retiré l’impression de Direct Matin de l’imprimerie du Monde, d’affaiblir le journal.
Direct Malin, le pastiche de Direct Matin créé par le syndicat du Livre CGT pour protester contre la politique du groupe Bolloré.(c)
Direct Malin, le pastiche de Direct Matin créé par le syndicat du Livre CGT pour protester contre la politique du groupe Bolloré.(c)
Le Syndicat du Livre CGT accuse Vincent Bolloré, qui a retiré l’impression de son gratuit Direct Matin de l’imprimerie du Monde, d’affaiblir le journal éponyme dans un pastiche du quotidien gratuit intitulé « Direct Malin » et distribué jeudi 4 février.
Edité sur quatre pages, « Direct Malin » attaque l’homme d’affaires sur tous les fronts, l’accusant de menacer l’indépendance du quotidien du soir: « Bolloré voudrait affaiblir Le Monde en fragilisant ses moyens industriels qu’il ne s’y prendrait pas autrement ».
Le syndicat évoque en outre un projet de quotidien du soir envisagé par le groupe Bolloré. « On comprend mieux l’empressement de Bolloré à vouloir saborder le journal de référence afin de mieux placer son quotidien du soir », écrit la CGT. Yannick Bolloré, fils de Vincent et patron de la branche médias du groupe, avait évoqué mi-janvier un projet de quotidien payant haut de gamme, mais aucune équipe ne serait encore constituée.
Transfert à Coulommiers
Le groupe Bolloré a retiré début janvier l’impression de son gratuit de l’imprimerie du Monde pour la transférer à Coulommiers, provoquant ainsi la colère du Syndicat du Livre.
La bataille engagée entre le Livre et le groupe Bolloré a abouti dans la nuit de mardi à mercredi au blocage de l’imprimerie de labeur Brodard Graphique de Coulommiers (Seine et Marne) et à la destruction de plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires de Direct Matin.
Le Syndicat général du Livre et de la Communication écrite (SGLCE-CGT) a convoqué en urgence l’ensemble de ses représentants de toutes les entreprises de presse à une réunion à son siège parisien jeudi après-midi.
Manifestation des salariés de la filiale presse gratuite du groupe Sud Ouest
(AFP) – Il y a 14 heures
BORDEAUX — Une centaine de salariés de S3G SA, l’une des composantes de la filiale presse gratuite du Groupe Sud Ouest (GSO), confronté à un plan de licenciement, ont manifesté devant le siège du titre à Bordeaux pour obtenir de meilleurs conditions de départ.
Partis de Pessac (banlieue bordelaise), où se trouve le siège de S3G SA, une trentaine de voitures ou deux-roues, couverts d’affichettes « Sud Ouest détruit 650 emplois chez S3G », ont défilé avertisseurs hurlants pour rallier le bâtiment du nouveau siège de Sud Ouest devant lequel les manifestants se sont rassemblés.
Ils ont déployé une longue banderole blanche sur laquelle figuraient des slogans tels « vivent les profits, les salariés c’est inutile », « restructuration = chômage ».
Quelques employés du quotidien sont venus les soutenir à l’appel de la section CGT du journal Sud Ouest.
Début 2008, le groupe S3G, pôle de journaux et magazines gratuits de GSO, employait 1150 personnes. Deux ans plus tard, ses effectifs, selon une source proche de la direction, ont fondu d’environ 500 emplois (suite à des licenciements, départs volontaires, ou reclassement).
« Quelques reclassements à la marge au sein du groupe et des départs volontaires en raison de perspectives de reclassement irrecevables sont insuffisants », ont expliqué les représentants du personnel et du CE de S3G SA.
« Ce qui nous met en colère, c’est la restructuration qui n’est pas pérenne (pour la poursuite de l’activité) avec trop peu de gens pour assurer la suite », a expliqué un délégué du personnel qui espère sauver une dizaine d’emplois supplémentaires à S3G SA.
«Le Figaro» se maintient en tête des quotidiens nationaux
Philippe Larroque
Sa diffusion n’a reculé que de 1,5% dans un marché en baisse de 3,5%.
«Annus horribilis», avaient prédit nombre d’éditeurs de presse écrite, confrontés à la détérioration de l’économie et à la concurrence grandissante d’Internet. Les premiers chiffres de l’OJD, l’organe de contrôle de la diffusion de la presse, sur l’année 2009 devraient leur redonner du baume au cœur.
Certes, les ventes de journaux n’ont pas renoué avec la croissance, mais les premières données communiquées par les quotidiens nationaux d’information montrent que la baisse de la diffusion payée de cette famille de presse a été limitée en France à – 3,5%, à quelque 1,528 million d’exemplaires en moyenne chaque jour. En 2008, le recul avait atteint 2,4%. Les plus fortes chutes concernent l’ International Herald Tribune (- 15,1%, à 20 604 exemplaires), La Tribune (- 10,6%, 67 295 ex.) et Libération (- 9,5%, 111 584 ex.).
Tout en quadrichromie
Le Figaro conserve sa première place avec 314.947 exemplaires (- 1,5%), porté par sa nouvelle formule tout en quadri lancée le 21 septembre dernier et sa stratégie de conquête d’abonnés. Suivent L’Équipe (303.305 ex., – 2,5%), Le Monde (288.049 ex., – 4,1%) et Aujourd’hui en France (183.571 ex., – 3,6%). Le Parisien, autre titre du groupe Amaury répertorié par l’OJD dans les quotidiens régionaux, a aussi reculé de 5,3% (à 304.971 ex.). Seuls Les Échos (121.357 ex.) et La Croix (95.130 ex.) progressent légèrement avec, respectivement, une hausse de 0,3% et 0,2% de leur diffusion France payée l’an dernier. Selon les premières données disponibles à l’OJD, la presse magazine a connu une année 2009 beaucoup plus tendue.
Distribution de la presse: Bernard Villeneuve démissionne de ses mandats
PARIS — Bernard Villeneuve a annoncé jeudi à l’AFP qu’il démissionnait de ses mandats de gérant de Presstalis (ex-NMPP) et de président du conseil de gérance de la Coopérative des quotidiens de Paris, fonctions qu’il occupait depuis 1990.
« J’ai toujours défendu avec succès la distribution et les quotidiens, il temps pour moi de passer la main », a-t-il dit. Il a souligné qu’il fallait pour les messageries « réinventer un modèle industriel pérenne », saluant au passage la mission sur la distribution de la presse confiée par le Premier ministre à Bruno Mettling.
« Ce sera à ceux qui habiteront la nouvelle maison d’en dessiner les plans », a encore dit M. Villeneuve.
Actuellement directeur délégué de Groupe Les Echos, M. Villeneuve a précisé conserver ses autres mandats dont ceux de membre du conseil de surveillance de la SA Le Nouvel Observateur du Monde, de secrétaire général du Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) et de membre du Conseil supérieur de l’Agence France Presse (AFP).
Les messageries et en particulier Presstalis traversent une crise de grande ampleur, confrontées à la fois aux difficultés à se moderniser et au net recul des ventes de la presse quotidienne.
Presstalis principale société chargée de la distribution de la presse s’est lancée fin 2007 dans un vaste plan de modernisation, « Défi 2010″, qui doit se traduire par des économies de l’ordre de 50 millions d’euros (soit 15% des charges) sur 2009 et 2010. Elle est détenue à 51% par cinq coopératives d’éditeurs et à 49% par Lagardère, qui en est l’opérateur.
Vers le journal et le livre électronique payant?
L’Ipad sauvera-t-il l’information et la culture? Mercredi, les éditeurs de presse trépignaient d’impatience, en attendant la conférence de Steve Jobs, le PDG d’Apple.
La plupart d’entre eux voyaient déjà la tablette comme un outil apte à « monétiser » leurs contenus numériques… « Seule une rapide démonstration d’une application du New York Times a été présentée », regrette Frédéric Fillioux, éditeur du blog Monday Note, spécialisé dans les nouveaux médias. Les éditeurs de presse comptaient sur un « iNews store », sur le modèle d’iTunes. Un kiosque numérique, au système de paiement indolore, permettant de vendre des articles à un prix réduit.
Une carte animée des résultats des élections régionales
« Nous souhaitions un outil qui permette de mettre en avant une version digitale de Libération à 79 centimes », explique Ludovic Blecher, directeur des éditions électroniques du quotidien. Et d’ajouter: « Lors de la démo, il a surtout montré avec quelle facilité il serait possible d’aller consulter les sites d’information gratuits. » Des rumeurs faisaient pourtant état d’accords commerciaux entre Apple et des géants américains comme Condé Nast (Vogue, The New Yorker, GQ). Rien n’a été confirmé par Steve Jobs mercredi.
Mais l’iPad devrait permettre aux journaux de mettre à disposition des applications payantes comme sur l’iPhone, pour une lecture enrichie et animée. La démonstration du magazine Sports Illustrated, qui circule sur Internet, laisse bouche bée. La tablette permet un affichage en couleurs et le téléchargement du son et des vidéos. Philippe Jannet, PDG du Monde interactif, planche déjà sur une version iPad du titre, qui sera prête dans deux mois. Et Ludovic Blecher de Libération anticipe: « A l’intérieur d’un article, il sera possible, par exemple, de cliquer sur une carte interactive des résultats des élections régionales. »
Sur le livre, l’offre est déjà aboutie. Steve Jobs a annoncé des accords avec cinq grands partenaires aux Etats-Unis: Penguin, Simon & Schuster, HarperCollins, McMillan et Hachette Book Group (groupe Lagardère, propriétaire du JDD). Ils vendront leurs catalogues pour alimenter une bibliothèque en ligne, baptisée iBook. Lire des livres numériques sera probablement la première fonction de l’iPad. Il a déjà renvoyé le Kindle d’Amazon, moins ergonomique, au rayon antiquités. Ce qui réjouit le monde de l’édition: depuis l’été dernier, Amazon pratique une politique de prix cassés en vendant 9,99 dollars les nouveautés éditoriales (à perte). Dans le système imaginé par Apple, le prix sera plus élevé (8 à 16 dollars si l’on en croit la démonstration), avec une commission de 30% sur la transaction contre 70% pour le roi de l’e-commerce. « Amazon fait du dumping et Google, du piratage. Apple est le seul à respecter les ayants droit et les prix », analyse Serge Eyrolles, du Syndicat national de l’édition (SNE).
« Une plate-forme commune à tous les éditeurs »
Arnaud Nourry, le patron d’Hachette Livre, voit aussi l’arrivée de l’iPad d’un bon œil. Sa filiale américaine a déjà signé avec la firme à la pomme: « A ce stade, Steve Jobs n’a souhaité collaborer qu’avec des éditeurs américains, mais en France, nous sommes déjà prêts », confie-t-il. Pour l’heure, les éditeurs obligent les distributeurs comme la Fnac à passer par leur propre plate-forme. « Nous allons simplifier la démarche en mettant en place une plate-forme commune à tous les éditeurs. Apple sera un client comme les autres. Il se pliera à nos conditions », explique Hervé de La Martinière. Pas sûr que la firme accepte. En France, le numérique est souvent considéré par les éditeurs comme un mal qu’il va falloir dompter. Jean-Marc Roberts, des éditions Stock, « réac’ et fier de l’être », s’inquiète: « Dématérialiser un livre, c’est le brûler. » Ou le croquer.
La presse ne suffira pas à faire vendre des lecteurs ebook
Un service parmi d’autres, et sûrement pas un déclencheur d’achat !
Rédigé par Nicolas Gary, le lundi 01 février 2010 à 13h00
L’University of Georgia vient de faire paraître une étude qui aura duré six mois et concernant tout à la fois la relation des utilisateurs avec leur Kindle, mais également leur regard sur le contenu proposé. La conclusion est simple : les lecteurs ebook ne sont pas susceptibles de gagner des usagers, même s’ils incluent des outils comme la couleur, les photos ou les écrans tactiles.
Parce que d’un côté, on constate un retour aux magazines et d’autre part les jeunes adultes préfèrent leur smartphone, comme l’iPhone ou le BlackBerry.
Dean Krugman et Tom Reichert, professeurs de publicité et Barry Hollander, agrégé de journalisme sont à l’origine de cette étude. Ils se sont basés sur un fait simple : proposer le magazine Atlanta à plusieurs personnes, qui y accédaient via un eReader. De là, il fallait simplement analyser les J’aime, J’aime pas. De fait, le quotidien a connu une chute de ses ventes et les professeurs voulaient estimer la capacité des lecteurs ebooks à faire remonter la pente.
« Nous sommes dans la première phase du projet qui compare les lecteurs, comme le Kindle, aux journaux traditionnels et les systèmes de diffusion en ligne. Nous mettons l’accent sur la manière dont les gens consomment des médias dans un environnement à évolution rapide. Récemment, nous avons employé les mêmes méthodes pour étudier la croissance de la télévision », explique Krugman.
Alors, conclusions : les adultes de tous âges ont été impressionnés par la lisibilité du Kindle, particulièrement facile à lire et confortable, l’objet n’aura pas conquis pour la consultation de journaux. Pour les plus jeunes, le Kindle reste bien en deçà des mobiles tactiles, disposant d’applications multiples, avec navigation sur le net et tout le toutim. Les lecteurs ebooks font un peu vieillot, estiment-ils. Heureusement, l’iPad est arrivé.
En outre, tout ce qui est BD ou mots croisés, particulièrement appréciés dans les journaux ne sont pas utilisables sur les lecteurs ebook. Et quand on évoque en plus le problème du prix, 489 $ pour le Kindle DX, soudain tout le monde rechigne à investir.
Alors voilà : les journaux ne feront pas vendre un lecteur : « Ce doit être considéré comme l’une des constellations de services pour ces appareils, avec les livres et les magazines, etc. »
Le groupe de presse Sud-Ouest veut ouvrir son capital
LE MONDE | 02.02.10 | 16h03
La démarche a commencé mi-novembre 2009, en toute discrétion : le groupe de presse régional Sud-Ouest (GSO) – propriétaire des journaux Sud-Ouest et Midi libre, du groupe Pyrénées Presse, de la filiale de gratuits S3G, ou encore de GSO Interactive – a mandaté la banque d’affaires Natixis pour lui trouver un ou plusieurs nouveaux actionnaires.
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Comme il ne souhaite vendre aucun actif – pas vraiment la bonne période pour le faire -, le groupe cherche à augmenter son capital de 30 à 50 millions d’euros. Cet argent frais devra servir à faire face à une situation financière dégradée et à programmer de nouveaux investissements.
Aucune information n’a filtré jusqu’à présent sur d’éventuels candidats intéressés : le groupe Lagardère ? Hersant ? Bolloré ? Un regroupement de banques ? Plusieurs petits actionnaires minoritaires ? Pierre Jeantet lui-même, l’actuel président du directoire du groupe, dont le mandat arrive à échéance en mai 2010, adossé à un partenaire ? Une chose est sûre, cette opération sera une première pour ce groupe détenu historiquement par une holding familiale : 80 % appartiennent à la famille Lemoîne (Socibog), les 20 % restants au personnel.
Certains membres de la famille ne s’inquiètent pas de cette arrivée extérieure. Mais d’autres s’interrogent sur la marge de manoeuvre et l’indépendance d’actions qu’ils conserveront une fois le capital aussi ouvert : « Si on trouve un investisseur avec un ticket d’entrée à 50 millions, ça m’étonnerait qu’il veuille faire uniquement tapisserie, lâche un connaisseur du dossier. Il pourrait même, à terme, devenir majoritaire, malgré le pacte d’actionnaires. Cela risque de les diviser encore plus. » Le nouvel impétrant ne sera connu qu’au second semestre, affirme le directoire. Le groupe familial n’a pas le choix, à cause d’une perte cumulée de 100 millions d’euros en 2009. Fin décembre 2009, il a négocié avec ses créanciers, la banque CIC en tête, des reports d’échéances. Il vient aussi de vendre ses dernières actions M6. Il doit encore digérer l’achat du groupe des Journaux du Midi (Midi libre, L’Indépendant et Centre-Presse Aveyron), acheté au Monde SA, en 2007, pour 90 millions d’euros. Et faire également face à la crise financière qui grève les recettes publicitaires, surtout de la presse gratuite.
Rentable en 2010
Selon La Correspondance de la presse du lundi 1er février, le chiffre d’affaires global 2009 – qui sera publié en mars – ne devrait pas dépasser 500 millions d’euros, contre 525 millions en 2008. Les résultats d’exploitation et le bénéfice net seront aussi en baisse. Mais, après deux années de déficit, la situation 2010 devrait s’améliorer, selon le conseil de surveillance, réuni lundi : « Le budget 2010 consolidé prévoit le retour à un résultat d’exploitation (EBIT) positif de 1,6 million d’euros, précise un communiqué de GSO. Pour un excédent brut d’exploitation de 18,8 millions d’euros et un chiffre d’affaires de 455 millions. » L’activité doit donc encore baisser, mais le groupe redeviendrait rentable.
Ca n’est pas le cas de la filiale de presse gratuite, S3G. Après avoir été un fort contributeur aux bénéfices, le groupe de petites annonces a vu ses marges s’effondrer à cause de la crise. Au total, la filiale est passée de 1 150 salariés à l’été 2008 à 450 cette année. Un tsunami pour une partie des salariés. La direction du groupe le reconnaît : « J’espère que le plus dur de cette restructuration des gratuits est passé, explique M. Jeantet. Cela devrait permettre sans trop d’angoisse d’aborder les grandes mutations du groupe. »
Claudia Courtois
Prisma cherche un nouveau modèle de croissance rentable
Propos recueillis par Delphine Denuit et Philippe Larroque
Rolf Heinz, le nouveau président du groupe de presse prépare le lancement d’un «produit original et pionnier» pour 2011.
Précédemment DG de G + J/Mondadori en Italie, Rolf Heinz est président et gérant de Prisma Presse depuis octobre dernier.
LE FIGARO. – Dans quel état trouvez-vous Prisma Presse ?
Rolf HEINZ. – Prisma Presse est un beau groupe avec des forces incontestables confronté, à l’instar de tous les médias, à une crise conjoncturelle et structurelle sans précédent. Cette force, il la doit à l’expertise et à la créativité de ses équipes, à la puissance de ses marques, à sa position de leader sur de nombreux segments clés de la presse magazine (féminins, télé, économie, people, découverte, etc.), ainsi qu’à sa bonne santé financière. Un Français sur deux lit nos titres et un sur quatre visite nos sites Internet. Prisma est le premier groupe de presse magazine en ligne avec 10 millions de visiteurs uniques par mois. Notre chiffre d’affaires devrait baisser pour la troisième année consécutive (579 millions d’euros brut en 2008) en raison de la chute de la diffusion du marché des magazines de 7,5 % en 2009. Le marché publicitaire des magazines a chuté de 18 % net sur la même période. Prisma regroupe 11 % des parts du marché publicitaire en 2009 (+ 0,6 point sur un an).
Cette crise est aussi structurelle, la diffusion se réduit de manière constante depuis neuf ans, ce qui signifie qu’une consolidation est inéluctable. À terme, les titres les plus puissants et les plus différenciés subsisteront. Notre défi est de trouver en 2010 un nouveau modèle de croissance rentable. Pour y parvenir, il faut dépasser nos conservatismes internes et adapter notre manière de travailler. Nous devons aussi être capables d’éditer des magazines avec des diffusions moins importantes, mais aussi rentables.
C’est le sens même du plan de réorganisation actuel…
Tout cela s’inscrit dans notre projet de rédaction du futur baptisé «Rédactions 2010» qui doit prendre forme au second semestre et permettre de mieux intégrer les équipes. Nous ne proposons pas une solution globale mais titre par titre, notre but est de mieux utiliser les ressources éditoriales et les synergies possibles entre magazines et sites. Ainsi, certains services pourront fournir du contenu pour plusieurs marques sans les remettre en cause. De même, notre régie publicitaire, Prisma Publicité, rebaptisée Prisma Media, a adopté une nouvelle organisation déterminée et structurée autour de nos clients et plus efficace dans la valorisation des potentiels de nos marques et de celles commercialisées par Initial Régie. L’objectif est de partager notre savoir-faire et, soyons clair, aussi de réaliser des économies dans nos coûts et rendre nos structures plus performantes.
Envisagez-vous de fermer des titres ?
Nous n’excluons pas de désinvestir dans des activités sans perspective mais notre objectif est bien de développer et de croître. Notre déménagement, qui aura lieu entre octobre et décembre, doit nous y aider. Il nous permettra de réaliser 3 millions d’économies en année pleine.
Quels sont vos projets prioritaires ?
Trouver un modèle de croissance rentable signifie aussi que nous devons trouver de nouveaux créneaux de développement. Actuellement, 90 % de notre chiffre d’affaires sont issus de la presse magazine papier, le solde émanant de nos activités de diversification (Web, activités «B to B» notamment corporate medias, licences, livres…). D’ici à 2012, nous visons à doubler le chiffre d’affaires lié à ces diversifications.
Nous pourrions lancer d’ici à fin 2010 un ou deux nouveaux produits en extension d’un magazine existant. Une nouvelle formule éditoriale de Géo, titre fondateur du groupe, devrait aussi voir le jour avant la fin de l’année. Enfin, un produit entièrement nouveau, original et pionnier sur son segment est à l’étude pour 2011. Concernant le Web, notre stratégie est à la consolidation de communautés puissantes comme celle dont nous disposons avec Femmeactuelle.fr et qui offre un lien vers nos sites Enfants.fr et Cuisineactuelle.fr. De même, nous envisageons des extensions Web autour de téléloisirs.fr qui rassemble plus de 5 millions de VU (1re marque bimédia avec 10 millions d’audience) pour en faire un site encore plus puissant basé sur l’entertainment. Nos investissements dans le numérique doivent se focaliser sur la monétisation : commercialisation publicitaire, contenus payants, e-commerce.
Après «Grazia», «Envy» et «Be» vont être lancés. Est-ce un coup dur pour «Gala» dont la diffusion s’érode ?
Gala a vu sa pagination publicitaire augmenter de 3 % en 2009, la marque rassemble 4 millions de lecteurs chaque mois entre le papier et le Web. Le titre se porte bien, nous avons su innover en créant des événements éditoriaux. L’arrivée de nouveaux titres nous conforte sur le dynamisme de ce segment. Nous comptons garder notre place de leader mais ne comptez pas sur nous pour jouer sur les prix pour gagner des lecteurs. Ce n’est pas dans notre ADN, la valeur de nos magazines doit être préservée.
Où en est «VSD», la rédaction vous a-t-elle présenté son contre-projet ?
Depuis l’acquisition de VSD en 1996, nous y avons investi 70 millions d’euros. VSD est une marque extraordinaire, connue et puissante qui a gardé tout son potentiel. Le titre vend plus de 700 000 exemplaires chaque mois. Certes, c’est un hebdomadaire et non un mensuel mais nous croyons que le titre deviendra pérenne s’il tient compte de nos mesures : le reclassement (ou départ volontaire) de treize salariés (sur 50 au total) et l’insertion d’une quinzaine de pages de sélection de programmes télé issues de notre filiale Prisma TV. Ces synergies sont nécessaires mais nous restons bien sûr ouverts au projet de la rédaction que je n’ai pas encore vu. Nous sommes prêts à en discuter et comptons finaliser le nouveau concept de VSD au printemps.
Des milliers de journaux Direct Matin dégradés à la lance à eau
Par Reuters, publié le 03/02/2010 à 14:49
PARIS – Un groupe de 30 à 40 personnes a endommagé des milliers d’exemplaires du quotidien Direct Matin dans une imprimerie de Seine-et-Marne, dans la nuit de mardi à mercredi, apprend-on auprès de la police.
L’imprimeur, Brodard Graphique, estime que 150.000 exemplaires ont été dégradés sur les 450.000 qu’il imprime, et a dit son intention de porter plainte pour intrusion et destruction de matériel, a-t-on précisé.
D’après les premiers éléments de l’enquête, cette opération s’inscrit dans le contexte d’un bras de fer entre le groupe Bolloré, propriétaire de Direct Matin, et le syndicat du Livre CGT autour de l’impression du quotidien gratuit.
Selon la direction départementale de la sécurité publique, 30 à 40 personnes sont entrées dans l’imprimerie de Coulommiers entre minuit et 01h00 et ont arrosé une partie du stock avec deux lances à eau, avant de quitter les lieux.
Le groupe Bolloré a dénoncé en juillet le contrat qu’il avait conclu avec l’imprimerie du quotidien Le Monde, arguant d’une qualité d’impression insuffisante.
Depuis le 18 janvier, Direct Matin est imprimé chez Brodard Graphique, qui appartient au groupe Maury. L’imprimeur est spécialisé dans la publicité et les magazines et non dans l’impression de la presse parisienne, secteur où la CGT-Livre est très implantée.
Le Ministère des Finances étudie le “cas” Presstalis
A force de gestions hasardeuses que nous dénonçons depuis des mois, Presstalis se retrouvera en cessation de paiement en juillet 2010, si rien n’est fait d’ici là. Bien évidemment, l’état ne laissera pas disparaître l’entreprise distribuant 80% de la presse française. Mais le Ministère des Finances n’est pas prêt à renflouer Presstalis sans contreparties. Dans ce but, François Fillon a diligenté Bruno Mettling, un inspecteur des finances de Bercy, pour évaluer les disfonctionnements de Presstalis et surtout s’assurer qu’un nouveau financement ne sera pas nécessaire de si tôt. L’Association des Editeurs de Presse a rencontré Bruno Mettling pour l’informer du point de vue des éditeurs indépendants sur la question. Nous avons bien évidemment rappelé que le coût social des ouvriers du livre est économiquement insupportable dans un secteur en crise. L’impossibilité d’opérer des réductions de personnel ou même d’adapter les salaires pèse sur les barèmes des éditeurs et surtout des diffuseurs. (Les points de vente sont payés 5% de moins que dans le reste de l’Europe, alors que la messagerie est payée 5% de trop). Nous estimons que la direction de Presstalis n’a pas fait le nécessaire en temps et en heure pour régler ce problème, avançant toutes sortes d’explications depuis plusieurs années pour ne pas y faire face. La réforme a été entamée trop tard et trop faiblement avec Défi 2010, une réforme très coûteuse et trop tardive pour sauver les comptes de Presstalis. De la même manière, le siège social dispendieux pèse sur les comptes depuis de nombreuses années. La décision de déménager a heureusement été prise, mais trop tard. Sans compter que ces dernières années, les erreurs de gestion de Presstalis ont été courantes :
- en 2005, la mise en place hasardeuse de la relève facultative a conduit à des pertes de plusieurs millions d’euros à l’ensemble des acteurs de la chaîne presse.
- le refus d’accès du tronc commun au logiciel Presse 2000 aux MLP, dans le but unique d’asseoir sa position dominante, a fait perdre des revenus à tout le monde, sans compter qu’il s’est soldé par une amende de 3 millions d’euros pour Presstalis.
- plus récemment, la mise en place de l’assortiment, façon de sortir des points de vente de manière artificielle certains magazines, a montré que cette mesure coûtait plus chère qu’elle ne rapportait. Et pourtant, Presstalis s’obstine dans l’aveuglement de son conseil de gérance et de son principal actionnaire, Lagardère, d’éliminer les éditeurs de presse indépendants.
- le plafonnement a montré plusieurs disfonctionnements dans sa mise en oeuvre, sans pour autant faire l’objet d’adaptation.
Depuis la désignation de Bruno Mettling, des rumeurs circulent. Le gouvernement pourrait faciliter le remplacement de Lagardère par un acteur socialement plus ferme. Le nom du repreneur de la SNCM ou le pdg de 20 minutes, circulent. Le système coopératif pourrait également être remis en cause. Mais aucune de ces rumeurs n’est confirmée, il semble que Bruno Mettling attende la fin de sa consultation pour se prononcer définitivement. Le résultat devrait être connu au mois de mars 2010.